Depuis plus de deux mois, le camp de réfugié·es de Jénine, au nord de la Cisjordanie, subit un assaut méthodique de l’armée israélienne. Des blocs entiers d’immeubles résidentiels ont été rasés, transformant ce camp surpeuplé en champ de ruines. Sur 12 000 habitant·es, la majorité a été déplacée de force. Des images récentes montrent des rues éventrées, des murs effondrés, des familles en fuite.
Ce carnage n’est pas une bavure. Il s’inscrit dans une stratégie assumée par les autorités israéliennes : la « gazafication » de la Cisjordanie. Objectif : reconfigurer la démographie de la région en détruisant les zones densément peuplées, ouvrir des axes pour les chars, et quadriller durablement le territoire.
À Jénine, ce plan prend corps. L’arasement systématique des centres urbains vise à rendre les incursions militaires plus faciles à l’avenir. Ce n’est plus seulement la guerre, c’est l’ingénierie coloniale par la destruction.
Dans l’indifférence des chancelleries occidentales, la Cisjordanie se transforme peu à peu en tombeaux à ciel ouvert. Gaza, Jénine, demain Hébron ? Le rouleau compresseur colonial avance.
