À la SNCF, y’en a qui se font harceler, d’autres qui se font sanctionner pour l’avoir dénoncé. Anthony, cheminot SUD-Rail, est convoqué pour avoir haussé le ton face à sa hiérarchie. Son crime ? Avoir soutenu une intérimaire victime d’agression. La direction préfère taper sur les syndicalistes que sur les violeurs.
À la SNCF, la hiérarchie a visiblement une allergie à la solidarité et une tendresse crasse pour les agresseurs. Anthony, cheminot et syndicaliste SUD-Rail à Paris Nord, a été convoqué ce 10 avril à un entretien disciplinaire. Motif bidon : il aurait été » inapproprié et irrespectueux » lors d’un appel téléphonique à la direction. Ce coup de fil, il l’a passé le 26 février, en pleine action de soutien à une intérimaire victime de harcèlement sexuel. L’agente, après avoir signalé les faits, s’est heurtée à une hiérarchie sourde et menteuse, qui assurait avoir géré la plainte… sans n’avoir rien foutu du tout.
Depuis, ses collègues de SUD-Rail se sont levés avec elle. Et forcément, ça déplaît aux chefs. Le coup de fil d’Anthony, passé devant ses camarades après un nième refus de rencontre de la direction, a servi de prétexte à une punition politique. Une fois de plus, la SNCF cogne sur celles et ceux qui défendent les droits des femmes, au lieu de dégager les salauds.
Mais la riposte ne s’est pas fait attendre. Le 10 avril, les cheminot·es de la ligne H se sont mis en grève pour accompagner Anthony à son entretien disciplinaire. Et un rassemblement s’est tenu à la Gare du Nord. La lutte continue.
