Tirs automatiques, incendies, tags revendicatifs : en quelques nuits, les établissements pénitentiaires sont devenus le théâtre d’une vague d’actions ciblées. Réponse de l’État : sécuritaire et spectaculaire.
Tirs automatiques contre la prison de Toulon, incendies de véhicules à Villepinte, Valence, Marseille ou encore Agen, tags de soutien aux détenu·es : le feu a pris dans les prisons françaises. Dans la nuit de lundi à mardi, le centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède a reçu une rafale. Quinze impacts relevés sur la porte, selon le syndicat FO-Justice. Un peu partout, les bagnoles de surveillants se consument, et des inscriptions » DDPF » (droits des prisonniers français) fleurissent sur les murs ou les carrosseries.
Le ministère de la Justice parle d’attaques » coordonnées « . Gérald Darmanin file à Toulon et sort la grosse artillerie : le parquet antiterroriste s’est saisi du dossier, et la sous-direction antiterroriste de la PJ prend la main. À Marseille, Aix-Luynes, Nanterre ou Réau, les scènes se répètent : bidons d’essence retrouvés, portails attaqués, voitures carbonisées. À Agen, sept véhicules partis en fumée devant l’école nationale d’administration pénitentiaire. À Villepinte, les incendiaires sont passés par une butte de terre, ont visé deux véhicules, un troisième a cramé par propagation.
Le pouvoir accuse les narcos de répliquer à sa politique sécuritaire. Les syndicats, eux, s’inquiètent du manque de moyens : pas assez de personnel pour sécuriser les abords 24h/24. Pendant ce temps, les insultes et les slogans se répondent sur X. La colère gronde en prison et autour, dans une ambiance où la violence n’est plus un murmure, mais un écho de béton.
