Adoptée à l’Assemblée le 7 mai, la loi » contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur » introduit dans les universités une définition floue et contestée de l’antisémitisme, calquée sur celle de l’IHRA, qui assimile toute critique d’Israël à de la haine antisémite. Un amendement imposé par la macroniste Caroline Yadan prévoit d’y former tous les référents chargés du racisme et de l’antisémitisme.
Voté contre l’avis même du gouvernement, cet amendement marque une rupture, en installant une confusion juridique dangereuse. La définition de l’IHRA a déjà été rejetée par l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, la CNCDH et des centaines d’universitaires, juifs compris, qui défendent la Déclaration de Jérusalem.
Sous couvert de lutte contre la haine, ce texte légalise en creux la répression des voix pro-palestiniennes. Il fait suite à des mois de harcèlement contre les étudiant·es mobilisé·es, comme à Sciences Po. LFI et les communistes ont voté contre, dénonçant un outil de censure et une arme de guerre idéologique.
Dans le même temps, l’article 3 instaure une nouvelle commission disciplinaire régionale, aux mains des recteurs et du gouvernement, court-circuitant les instances universitaires. Pour Louis Boyard (LFI), cette commission vise à » réprimer les mouvements pour la paix « .
