L’actuelle présidente de la région de La Réunion, Huguette Bello, longtemps députée et proche de LFI et du Parti communiste français, apparaît pour une partie du Nouveau Front populaire comme une potentielle candidate au poste de première ministre, malgré l’opposition du PS.
Figure de la scène politique réunionnaise, cette femme politique de 73 ans affiche déjà un CV d’élue bien rempli.
Près de quarante années d’expérience réunionnaise. Fille d’une mère au foyer et d’un père agriculteur à la Ravine des Cabris, un quartier de Saint-Pierre, dans le sud de l’île de la Réunion, Huguette Bello a commencé sa carrière politique dans les rangs du parti communiste réunionnais (PCR) et a obtenu son premier mandat en 1983 au conseil régional sur la liste de Paul Vergès, fondateur du PCR. En 1988, elle est élue conseillère générale à Saint-Pierre. Cette année-là, au côté de Paul Vergès, elle dénonce le versement minoré à La Réunion des prestations sociales et du smic, revendiquant leur alignement sur les montants versés dans l’Hexagone. Depuis juin 2021, elle préside la région à la tête d’une coalition des partis de gauche et de représentants de la société civile, qui lui a permis de battre Didier Robert (divers droite), en poste depuis 2010.
Une parlementaire aguerrie. Huguette Bello a siégé à l’Assemblée nationale pendant vingt-trois ans au sein du groupe communiste. Elle devient députée de La Réunion à partir de 1997, où elle siège jusqu’en 2020 au sein du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR). A cette date, elle est élue maire de Saint-Paul, une commune de l’ouest bastion de la droite locale, fonction qu’elle avait déjà occupée en 2008. Pour Fabien Roussel, elle a » l’étoffe » pour devenir première ministre, car » elle sait ce que c’est que le Parlement et construire des majorités « . L’ex-députée socialiste Valérie Rabault a jugé sur X qu’Huguette Bello, qui » connaît bien les rouages politiques de l’Assemblée nationale « , » sait négocier » et devrait donc pouvoir mettre tout le monde d’accord.
Appréciée de la macronie et LFI-compatible. Jusqu’ici, la Réunionnaise était appréciée du camp présidentiel : Gabriel Attal, alors ministre de l’éducation nationale, l’avait qualifiée en 2023 de » grande républicaine « , et Aurore Bergé, en avril dernier, saluait une » combattante de la dignité humaine et des droits des femmes « . Cette adepte du franc-parler, qui a quitté le PCR en 2012 pour fonder son propre parti, Pour La Réunion (PLR), est aujourd’hui proche de La France insoumise. Sans s’encarter à LFI, elle se rapproche du parti de Jean-Luc Mélenchon, à qui elle accorde en 2017, puis en 2022, son parrainage à la présidentielle, avant de figurer en dernière position de la liste menée par Manon Aubry aux dernières européennes.
Une figure féministe et antiraciste. Mariée et mère de deux enfants, Huguette Bello milite depuis 1978 dans les rangs de l’Union des femmes réunionnaises (UFR) et multiplie les actions en faveur des droits des femmes. Antiraciste convaincue, elle a souvent été à la tête des manifestations contre l’apartheid en Afrique du Sud, jusqu’à la libération de Nelson Mandela.
Un positionnement critiqué sur le mariage pour tous. Les socialistes, qui lui préfèrent leur premier secrétaire, Olivier Faure, pour briguer Matignon rappellent qu’en 2013 la députée n’avait pas participé au vote de la loi pour le mariage pour tous. Une fois le texte adopté, elle sera néanmoins la première maire à célébrer un mariage homosexuel à La Réunion, et signera en 2018 une tribune contre l’homophobie.
