En 1854, naît un homme qui allait secouer les convenances de son époque : Hans Jæger. Cet écrivain et philosophe norvégien, farouche partisan de la liberté sexuelle et théoricien anarchiste, n’a pas hésité à mettre à nu les hypocrisies de la société de son temps. En 1885, il publie *Scènes de la Bohême de Kristiania*, un roman naturaliste qui ne fait pas dans la dentelle. Son œuvre est jugée si scandaleuse qu’elle est immédiatement saisie et interdite, non seulement en Norvège mais jusqu’en Suède. En 1886, la répression s’abat sur lui : 60 jours de prison et une amende salée pour outrage aux bonnes mœurs. Hans Jæger ne recule pas. Son engagement en faveur de l’émancipation individuelle et contre l’oppression sociale reste gravé dans l’histoire.
Mais le 7 septembre ne s’arrête pas là. En 1867, à Lausanne, commence le IIe Congrès de l’Association internationale des travailleurs (AIT), cette première grande organisation ouvrière qui allait bouleverser le monde. Quelques années plus tard, en 1872, à La Haye, s’ouvre le Ve Congrès de l’AIT. Ce congrès est un tournant décisif : c’est là que la grande scission se produit. D’un côté, les autoritaires menés par Marx, qui veulent centraliser le pouvoir des Fédérations sous leur coupe, prônant la conquête du pouvoir par les élections. De l’autre, les bakouninistes, anti-autoritaires jusqu’au bout, qui défendent bec et ongles l’autonomie totale des Fédérations et la destruction de l’État. Une confrontation historique entre deux visions du monde, dont l’ombre plane encore aujourd’hui sur les luttes sociales.
