Voilà donc Michel Barnier, ex-commissaire européen, qui débarque à Matignon, propulsé au poste de Premier ministre par Emmanuel Macron. Et si on regarde de plus près son programme, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir des Français. Entre une retraite à 65 ans, des mesures d’austérité toujours plus sévères et une vision ultralibérale de l’Europe, Barnier semble être l’incarnation parfaite d’une politique complètement déconnectée des réalités sociales et des besoins du peuple.
Commençons par l’une des mesures phares de Barnier : repousser l’âge de la retraite à 65 ans. Vous pensiez que la retraite à 64 ans, proposée par Macron, c’était déjà trop ? Eh bien, Barnier, lui, va encore plus loin. Il veut que les Français bossent jusqu’à 65 ans, minimum. Autant dire qu’après une vie de labeur, certains ne pourront peut-être même pas en profiter avant de finir à l’hôpital. Travailler plus longtemps, pour gagner moins à cause des réformes des pensions, c’est ça, la « modernité » de Barnier.
L’austérité, encore et toujours
Vous pensiez que vous étiez déjà au bout du rouleau avec les politiques d’austérité ? Accrochez-vous, parce que Barnier a un plan pour encore serrer un peu plus la ceinture des Français. Pour lui, il est évident que c’est aux citoyens de payer pour les erreurs des gouvernements et des crises économiques. Plus d’austérité signifie moins d’aides, des coupes dans les services publics et un coût de la vie encore plus élevé. Mais bien sûr, les riches et les grandes entreprises, elles, continueront à dormir sur leurs tas d’or.
Barnier, c’est aussi l’Europe. Mais attention, pas n’importe laquelle : une Union européenne ultralibérale, taillée sur mesure pour les multinationales et les marchés financiers. Ce n’est pas surprenant venant de celui qui a soutenu la trahison du référendum de 2005, où les Français avaient rejeté la Constitution européenne. Mais Barnier n’en avait rien à faire : pour lui, le traité de Maastricht et l’ultralibéralisme européen sont des modèles à suivre. Plus de déréglementation, plus de privatisations, et toujours moins de contrôle démocratique. C’est un programme qui promet de continuer à enrichir les plus puissants tout en écrasant les classes populaires sous le poids des politiques économiques destructrices.
Un passé réactionnaire qui en dit long
Mais Barnier, ce n’est pas seulement un programme rétrograde, c’est aussi un historique de votes qui montre à quel point ses idées sont déconnectées des réalités sociales et des droits humains. En 1980, il votait contre l’idée d’avoir dans chaque hôpital une équipe médico-sociale pour accueillir les victimes de violences sexuelles. Oui, vous avez bien lu. Pour lui, les victimes n’avaient visiblement pas besoin de soutien spécifique.
En 1981, il s’est opposé à la dépénalisation de l’homosexualité. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres qui montre à quel point Barnier est figé dans des idées archaïques et réactionnaires. En 1982, il votait contre le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale. Pour lui, le droit des femmes à disposer de leur corps passe visiblement après les considérations financières.
Et ce n’est pas tout : il a également voté contre la loi Evin de lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, parce que pourquoi protéger la santé publique quand on peut encourager les lobbies du tabac et de l’alcool ?
RSA, aides sociales et handicap : la culpabilisation des plus fragiles
Barnier a aussi des idées bien arrêtées sur les aides sociales. Pour lui, ces aides « maintiennent les gens en marge de la société ». Plutôt que de lutter contre les inégalités ou d’améliorer les conditions de vie des plus pauvres, Barnier préfère les accuser d’abuser du système. Son idée ? Diminuer les cotisations sociales, critiquer le RSA et mettre en place une allocation unique pour les personnes en situation de handicap ou malades, toujours inférieure à un salaire, pour « inciter au retour à l’activité ». En gros, plutôt que de les soutenir, il propose de les précariser encore plus.
Dans sa vision très rigide du monde du travail, Barnier prône aussi une approche plus stricte du chômage. Si vous refusez deux offres d’emploi dites « raisonnables », peu importe si elles ne vous correspondent pas du tout, vos allocations seraient supprimées. Et en attendant, il faudra participer à des activités d’utilité publique ou travailler pour des entreprises. En gros, on vous colle à des tâches qui ne vous mèneront nulle part, mais qui feront plaisir à ceux qui exploitent déjà le système.
Michel Barnier incarne parfaitement cette classe politique qui ne veux rien savoir des aspirations des travailleurs et n’a d’autre aspiration que de servir le capital. Son programme est un concentré de mesures antisociales, d’idées réactionnaires et de réformes qui ne profiteront qu’aux riches et aux puissants. Avec lui à Matignon, c’est clair : les travailleurs, les précaires, les femmes, les minorités et les jeunes sont les grands perdants. Si Emmanuel Macron cherchait un moyen de gouverner avec l’extrême droite sans l’assumer, il vient de le trouver en nommant Michel Barnier.
