Quand un pays s’effondre sous le poids d’une défaite, la question se pose toujours : se soumettre ou relever la tête ? Pour Bakounine, la réponse ne fait aucun doute. En 1870, après la déroute de Sedan, il écrit Lettre à un Français sur la crise actuelle, un appel à ne pas plier face à l’occupation et à la trahison des élites, mais à embraser la révolution sociale.
Dans une recension publiée en 1947 dans Le Libertaire, on revient sur ce texte où Bakounine défend l’idée que la meilleure défense contre l’oppression, c’est l’attaque. Pour lui, plutôt que de subir la dictature locale ou étrangère, il faut rendre le pays ingouvernable aux armées de la réaction. Sabotage, insurrection paysanne, solidarité ouvrière : chaque coup porté au pouvoir doit ouvrir la voie à une nouvelle société.
Toujours valable, cette stratégie ? De l’Ukraine makhnoviste à la Résistance antifasciste, l’histoire regorge d’exemples où les peuples ont refusé de choisir entre la peste et le choléra. Bakounine ne donnait pas de leçons de morale, il traçait une route : celle de la lutte sans compromis pour un monde libéré des chaînes du pouvoir.
