Boeing, l’université et la mort : l’occupation du bâtiment Sha’ban al-Dalou

À Seattle, des étudiant·es ont rebaptisé un bâtiment en mémoire de Sha’ban al-Dalou, tué à Gaza, et occupé les lieux pour dénoncer les liens entre leur université et Boeing, fournisseur d’armes à Israël.

Lundi 5 mai, à l’université de Washington, une trentaine d’étudiant·es et militant·es du collectif SUPER UW ont pris d’assaut le flambant neuf bâtiment d’ingénierie interdisciplinaire, financé à hauteur de 10 millions de dollars par Boeing. Ils l’ont rebaptisé  » Sha’ban al-Dalou « , du nom d’un étudiant palestinien brûlé vif lors d’un bombardement israélien sur Gaza en octobre 2024.

Leur message est clair :  » On refuse d’être les ingénieur·es du génocide.  » Dans leur manifeste, les occupant·es exigent que l’université coupe tous les ponts avec Boeing, qu’elle restitue ses dons et interdise à ses cadres d’influencer les cursus. Ils dénoncent un campus transformé en pipeline vers l’industrie de l’armement, où les étudiant·es deviennent des rouages d’une machine de guerre.

La réponse des autorités ne s’est pas fait attendre : 34 arrestations, 21 suspensions, et plus d’un million de dollars de dégâts matériels selon l’université. Le Département fédéral de l’Éducation a ouvert une enquête, tandis que la Task Force to Combat Anti-Semitism exige des sanctions plus sévères.

Mais pour les manifestant·es, le vrai scandale, c’est que les universités américaines, sous couvert de recherche et d’innovation, participent activement à des crimes de guerre. Et que pendant qu’on leur reproche des graffitis et des barricades, des milliers de civils meurent sous les bombes financées par leurs propres institutions.

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