» Habitants de Gaza, ceci est votre dernier avertissement « . C’est par cette formule glaçante que le ministre israélien de la Défense, Yoav Katz, a menacé toute la population civile de la bande de Gaza. Selon lui, l’opération militaire en cours n’est que la première étape, et la suite sera encore plus brutale, plus violente, plus destructrice.
Katz annonce la reprise imminente de l’évacuation des zones de combat, et met en garde : si tous les otages israéliens ne sont pas libérés et si le Hamas n’est pas éradiqué, Gaza paiera “le prix fort”. Mais ce qui fait froid dans le dos, c’est surtout la suite : il propose aux habitant·es de Gaza une “option” – être réinstallé·es dans d’autres régions du monde autrement dis un nettoyage ethnique.
Pendant que Katz agite la chiffon rouge et que les bombes pleuvent sur Gaza, l’État israélien se fracture en profondeur. À Tel-Aviv comme à Jérusalem, la colère monte contre Netanyahou, accusé de gouverner en roue libre.
Le Forum des entreprises, représentant 200 grands patrons israéliens, vient de tirer la sonnette d’alarme. Dans une déclaration inédite, ils menacent :
“Si le gouvernement ne respecte plus les décisions de justice, nous cesserons de respecter les siennes. Et nous arrêterons l’économie.”
L’État de droit est en train de vaciller, à tel point que la Cour suprême a dû interrompre la décision du gouvernement de virer le chef du Shin Bet, Ronen Bar, bras droit des services de renseignement intérieur. Netanyahou avait tenté de le remplacer pour asseoir son autorité. Mais la haute juridiction a bloqué la manœuvre, rappelant que le Premier ministre ne peut pas tout faire, même en temps de guerre.
Le président israélien Isaac Herzog, habituellement discret, est sorti de son silence pour critiquer la reprise des bombardements sur Gaza. Il estime “impensable” de reprendre les combats sans avoir d’abord obtenu la libération des otages. Une critique à peine voilée de Netanyahou.
De son côté, Ronen Bar refuse de partir et dénonce une attaque contre la démocratie israélienne. “Il se bat bec et ongles pour rester à son poste”, rapporte Doron Kadosh, correspondant militaire de la radio israélienne. Pour lui, ce bras de fer est un affrontement sans précédent entre le pouvoir politique et les institutions de sécurité.
Dans les rues, la population s’inquiète de plus en plus. Entre la guerre extérieure qui s’intensifie et les fractures internes, l’État israélien est pris dans une spirale de crise à la fois militaire, institutionnelle et démocratique. La machine de guerre continue de broyer Gaza, pendant que le pouvoir se déchire au sommet.
