La France vient de se prendre une gifle cinglante par la Cour européenne des droits de l’Homme. En cause : sa passivité honteuse face à des mineures qui dénonçaient des viols. La CEDH estime que l’État a « manqué à son devoir de protection », une formule polie pour dire qu’il a fermé les yeux pendant que des adolescentes se faisaient broyer.
L’affaire concerne trois jeunes filles victimes de violences sexuelles. Malgré les signalements, malgré les alertes, les autorités n’ont pas bougé. Silence radio des services sociaux, enquêtes bâclées, classements sans suite. Le scénario bien connu de l’impunité organisée. Celui où l’État regarde ailleurs pendant que la vie des victimes se brise.
La justice européenne pointe une « défaillance structurelle », et elle a raison. Car ces affaires ne sont pas des cas isolés, mais le sommet d’un iceberg d’indifférence. Des dizaines, des centaines de jeunes subissent le même sort dans une société où les institutions se protègent mieux que les enfants.
Pendant que le gouvernement parade avec ses slogans sur les droits des femmes et la lutte contre les violences, dans les commissariats et les tribunaux, on continue d’accueillir la parole des victimes avec mépris, soupçon ou inertie. Cette condamnation est une honte nationale, mais elle ne suffira pas si elle reste sans conséquences.
