Le 6 mai 1968, les premières émeutes de mai 1968 dans l’État français ont commencé à Paris.

Face à la montée du chômage et à la baisse des salaires, les étudiants de la Sorbonne se mobilisent pour exiger la libération des étudiants arrêtés à Nanterre pour leurs activités anti-guerre du Vietnam.

Alors qu’ils se rendaient témoigner devant le comité de discipline de l’université, les étudiants ont manifesté et la police a répondu avec force. La solidarité s’est répandue dans tout le pays dans les jours suivants, et les étudiants ont été rejoints par le mouvement ouvrier.

Mai 68, c’est l’élan d’un peuple qui se soulève, qui bloque, qui occupe, qui rêve à voix haute dans la rue. C’est la grève générale partie de la base, l’irruption de la parole, la contestation de toutes les autorités : l’État, les patrons, les curés, les profs, les chefs. Mais ce que l’histoire officielle oublie – et que les manuels maquillent – c’est que cette révolte a été brisée, non par la répression ou « l’essoufflement », mais par la trahison des chefs.

Tous ces petits bureaucrates, ces porte-paroles syndicaux, ces leaders d’extrême gauche se sont précipités pour éteindre l’incendie. Ils ont négocié, signé, trahi. Ils ont bradé la rage pour quelques miettes. Et puis, ils ont fait carrière. Ils sont devenus ministres, patrons de presse, gestionnaires du capitalisme qu’ils prétendaient abattre. Cohn-Bendit, Kouchner, Glucksmann, Geismar… toute cette galerie d’ex-révoltés reconvertis en gardiens de l’ordre. C’est ça, leur héritage : une insulte à celles et ceux qui voulaient tout changer.

Ce que Mai 68 nous apprend vraiment, c’est que toute structure, tout parti, toute représentation finit par récupérer et trahir. L’émancipation ne viendra que de l’auto-organisation, de la démocratie directe, sans chefs ni sauveurs. Les travailleurs n’ont pas besoin de directions, mais d’assemblées générales souveraines. Et surtout que les bourgeois et leurs enfants ne seraient jamais être des alliés dans nos luttes! Pas de tribunes, mais des comités de grève. Pas de bulletins de vote, mais des actes de rupture.

Mai 68 a été beau parce qu’il a échappé à tout contrôle – jusqu’à ce qu’on le reprenne en main. La prochaine fois, ne laissons aucun drapeau nous recouvrir. Refusons les chefs, les organisations, les médiateurs. Notre force, c’est notre capacité à faire sans eux. Et contre eux.

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