Biodiversité sacrifiée au nom du béton et des profits : depuis le 3 mai, une nouvelle brèche s’ouvre dans la protection des espèces en France.
Grâce à un amendement glissé dans la loi d’adaptation au droit de l’Union européenne, les promoteurs de projets destructeurs — autoroutes, méga-bassines, zones commerciales — peuvent désormais contourner l’obligation de demander une dérogation pour détruire des espèces protégées. Il leur suffit de promettre des « mesures de réduction du risque » et un vague « suivi d’efficacité ». En clair : tant que le promoteur jure qu’il fera attention, il pourra bétonner librement, y compris dans des zones écologiquement sensibles.
Initialement, cette entorse au droit environnemental devait ne concerner que les projets d’énergie renouvelable, sur pression de Bruxelles. Mais le Sénat, au service des lobbys, a élargi la faille à l’ensemble des projets » quelle que soit leur nature, leur échelle ou leur finalité « . Résultat : les outardes canepetières, tritons crêtés et autres espèces déjà menacées pourront être massacrées légalement, si le massacre est bien balisé.
Les parlementaires écologistes et insoumis ont tenté de saisir le Conseil constitutionnel. Refusé. La biodiversité pèse moins que le béton dans la balance institutionnelle.
