Peines minimales, fin du sursis, retour du “plaider coupable”: Darmanin veut sa réforme

Derrière son air de réformateur raisonnable, Gérald Darmanin balance un “Big Bang judiciaire” qui sent bon le tout-répressif. Peines minimales, fin du sursis, plaider-coupable élargi : sous couvert de simplification, c’est la justice qu’on étrangle.

Fini les grandes messes, place aux “mesures concrètes”. Gérald Darmanin, nouveau patron de la justice, dégaine une “réforme de bon sens” qui ressemble surtout à un vieux rêve sarkozyste mal repackagé. Suppression de la prison avec sursis, retour des peines planchers rebaptisées “minimales”, réduction du nombre de sanctions possibles : le but affiché, c’est de faire simple et rapide. Le vrai résultat, c’est surtout de réduire la marge des juges et de durcir les peines.

Le garde des sceaux veut désormais quatre types de peines : prison, amende, probation, interdiction. Les TIG, bracelets électroniques et autres suivis seront fondus dans une peine de “probation” censée désengorger les prisons. Sauf que Darmanin refuse tout mécanisme de libération anticipée. Pas de régulation carcérale, pas de réduction de peine, juste des cellules modulaires et l’expulsion des étrangers. Le grand pragmatisme républicain…

Autre trouvaille : étendre le plaider-coupable aux crimes, avec l’accord du parquet et de la victime. Résultat ? Moins de procès, moins de débat contradictoire, et un peu plus de justice à la chaîne. Pour couronner le tout, un “portail du justiciable” façon Doctolib pénal est dans les tuyaux, pour numériser tout ça.

Derrière les formules molles sur le “bon sens” et l’“efficacité”, c’est un projet de justice plus dure, plus rapide, et plus silencieuse qui se met en place. Pas une réforme, une contre-réforme. Et le tout sans majorité, ni pognon, mais avec la certitude d’un homme pressé de laisser son nom au panthéon du tout-répressif.

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