Margarethe Hardegger : une vie à lutter, une vie à bâtir

Y’a des vies toutes tracées, puis y’a celles qu’on taille à coups de révolte. Margarethe Hardegger, elle a jamais attendu qu’on lui donne la parole, elle l’a prise. À 23 ans, elle fonde un syndicat textile, à 25, elle devient la première femme secrétaire de l’Union syndicale suisse. Et elle fait pas de la figuration : en trois ans, elle réalise près de 400 conférences pour dans le but de faire syndiquer les ouvrières et qu’elle relèvent la tête.

Mais l’usine, c’est pas le seul terrain de lutte. Margarethe tape aussi dans les combats que même les  » progressistes  » osent à peine toucher : droit à l’avortement, contraception, suffrage féminin, assurance maternité… Tout ce qui peut donner aux femmes du pouvoir sur leur vie, elle le revendique haut et fort.

En 1907, elle défie les patrons de Vautier qui virent des ouvrières pour s’être syndiquées. Résultat ? Un boycott bien organisé, la création d’un atelier libre, et en deux ans, l’usine plie sous la perte de 100.000 balles: convention collective signée, les ouvrières arrachent leurs droits. Mais ça plaît pas à tout le monde, et en 1909, Margarethe est dégagée de son poste au Syndicat.

Pas de quoi l’arrêter. Elle se barre, rejoint l’Alliance socialiste avec Gustav Landauer, milite, puis monte des communautés agricoles, convaincue que l’émancipation passe aussi par la terre et l’autonomie. En 1915, elle prend un an de taule pour avoir soutenu des avortements. Et jusqu’à 81 balais, elle continue le combat, marche contre l’arme nucléaire, toujours debout.

Margarethe, c’est l’histoire d’une femme qui n’a jamais baissé la tête. Et aujourd’hui, les compagnon·nes de Partage Noir lui rendent hommage en BD. Parce que la rage de vivre et de lutter, ça se transmet.

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