Le patrimoine immobilier en France reste une machine à reproduire les inégalités. En 2017, 10 % des ménages détenaient 44 % de la valeur totale, concentrée dans les grandes villes. En 2021, l’immobilier représentait 62 % du patrimoine des ménages, mais la plupart des plus pauvres n’en possèdent pas. Et quand on est proprio, on ne paie pas de loyer, un gain évident face aux locataires à revenu égal. Vieille rengaine : plus t’es riche, plus tu possèdes. Plus t’es vieux, plus tu possèdes aussi. Et la taxe foncière ? Régressive. Les riches paient proportionnellement moins que les pauvres, surtout parce que leurs biens sont sous-évalués par le cadastre. Voilà une justice fiscale bien ficelée.
Côté terres, l’accaparement continue. Malgré la loi » Climat et résilience » censée ralentir la bétonisation, ce sont 227 000 hectares qui ont été grignotés entre 2012 et 2021. Les trois quarts pour l’habitat et l’économie, avec l’Île-de-France en tête. L’industrie, qui n’emploie que 13 % des salarié·es, est responsable de 29 % de la destruction d’espaces naturels. Mais bon, qui s’en soucie quand les profits s’étalent jusqu’à l’horizon ?
Et pendant ce temps, l’obsession raciste pour la “submersion migratoire” continue de servir d’écran de fumée. L’immigration représente 10,7 % de la population en France. Les non-Européen·nes, 6 %. En 2023, 355 000 personnes sont arrivées illégalement en Europe, soit 0,07 % de la population du continent. Le fantasme est bien plus grand que les chiffres. Mais pour légitimer les frontières, les flics, les expulsions et les politiques de mort, les chiffres ne comptent pas. Ce qui compte, c’est de protéger le béton, les rentes et les barbelés.
