Après les taxis et les petits commerçants, c’est au tour des routiers de se joindre à la lutte. Mardi 24 septembre, ils ont lancé une opération escargot, histoire de bien foutre le bordel sur les routes de l’île. Aux premières lueurs de l’aube, une quarantaine de camions ont pris d’assaut les grands axes pour mettre Fort-de-France en quarantaine. Résultat : trafic paralysé, bus à l’arrêt, et la ville transformée en parking géant.
Les keufs ne se sont pas fait prier. CRS 8 en renfort, dispositifs de sécurité musclés aux entrées de la ville, tout ça pour » sécuriser » l’opération molokoy. La raison ? Officiellement, éviter que les poids lourds ne bousillent le centre-ville. Officieusement, on sait bien que le but est une répression massive pour éviter une révolte sociale d’ampleur.
Et comme si ça suffisait pas, le préfet a remis une couche en prolongeant le couvre-feu dans certains quartiers jusqu’au 26 septembre. Sainte-Thérèse, où ça chauffe sévère depuis le début de la révolte, est particulièrement dans le viseur. Entre manifestations devant les supermarchés et explosions de rage, la tension est à son comble.
Côté syndicats, la Confédération Générale du Travail de Martinique (CGTM) a balancé un préavis de grève illimitée à partir de ce jeudi 26 septembre. Bref, ça risque de grimper encore d’un cran. Faut dire que les chiffres donnent envie de tout casser. En Martinique, les prix alimentaires flambent à +40% par rapport à l’Hexagone. Un kilo de steaks surgelés ? 19,46 euros. Et les couches pour bébés ? 42 balles le pack de 144. Même pour se désaltérer, c’est l’arnaque : un pack de 6 bouteilles d’Evian, c’est 8,51 euros ! Tu m’étonnes que les gens pètent les plombs.
Bref, entre les provocations des autorités et les prix qui explosent, la colère est bien là, et elle ne compte pas s’éteindre de sitôt. Les Antilles sont en ébullition et, avec un gouvernement qui ne propose que la répression, le ras-le-bol général pourrait bien déboucher sur une insurrection.
