L’Europe s’était engagée à réduire la pollution de l’air, mais la réalité est bien crade. Seuls quatre pays – l’Estonie, la Finlande, la Grèce et l’Italie – tiennent leurs objectifs pour 2030. Tous les autres, dont la France, traînent les pieds et continuent de laisser l’ammoniac empoisonner l’atmosphère.
Ce gaz, issu à 90 % de l’agriculture, flingue la qualité de l’air et contribue à l’eutrophisation des sols. Pourtant, rien ne bouge. Bruxelles rappelle les pays à l’ordre, mais ça ressemble plus à un avertissement de cour de récré qu’à une vraie menace. Si ça continue, l’Europe ne respectera même pas sa propre directive NEC de 2016.
Pendant ce temps, les émissions de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote ont été divisées par deux, mais les écosystèmes continuent de trinquer. L’objectif de protéger la santé humaine est sur la bonne voie, mais pour ce qui est d’empêcher la terre de devenir un dépotoir chimique, c’est une autre histoire.
Et comme d’hab’, les lobbys agricoles pèsent de tout leur poids pour freiner toute réforme contraignante. Tant pis si ça crame les sols, tant pis si ça flingue les nappes phréatiques. Le business d’abord, l’environnement plus tard – ou jamais.
