Surveillance des femmes et répression anti-IVG : quand la tech devient complice

Dans une Amérique où le droit à l’avortement a été dynamité par la Cour suprême, le marché des données de localisation vire au cauchemar pour les femmes. Un courtier en données vend les informations de localisation des personnes se rendant dans des cliniques d’avortement, y compris Planned Parenthood. Ces données, qui révèlent d’où viennent les femmes, combien de temps elles passent à la clinique et où elles se rendent ensuite, servent aujourd’hui d’outils de traque dans un pays où le droit des femmes se réduit comme peau de chagrin.

Avec l’annulation de Roe v. Wade en 2022 – une victoire des conservateurs encouragée par les juges nommés sous Trump – l’accès à l’avortement est devenu un enjeu de cybersécurité et une cible pour les entreprises de données. Des applis de suivi des règles aux positions GPS, les femmes sont traquées pour avoir cherché à contrôler leur propre corps. Dans certains États comme le Texas, même un chauffeur VTC peut être poursuivi pour avoir transporté une personne vers une clinique pratiquant l’avortement.

En parallèle, la tech se positionne, mais trop peu. Google, qui stocke toujours les données des recherches de ses utilisateurs, ne veut surtout pas revivre un scandale similaire à celui de Facebook, dont les données ont permis à la police d’inculper une jeune fille de 17 ans pour avoir pris une pilule abortive au Nebraska. Aujourd’hui, les États qui criminalisent l’avortement se servent des données personnelles pour repérer, poursuivre et sanctionner.

Sous couvert de « protection de la vie », c’est un dispositif de contrôle sur le corps des femmes qui s’installe. La répression de l’IVG, autrefois circonscrite aux manifestations et aux groupes anti-avortement, s’infiltre désormais dans nos téléphones, nos trajets et nos conversations en ligne.

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