40 opposant·es politiques lourdement condamné·es sans défense ni débat : en Tunisie, la justice a montré son vrai visage de répression. Kaïs Saïed veut faire taire toute contestation, quitte à piétiner la liberté d’expression part en fumée.
À Tunis, la justice vient de montrer son vrai visage : celui d’un bras armé au service d’un pouvoir aux abois. Ce 19 avril, pas moins de quarante opposant·es politiques ont été condamné·es à des peines allant de 13 à 66 ans de prison. Pas de débats, pas de plaidoiries, pas même un semblant de procès équitable. Une farce sinistre, menée tambour battant, histoire de faire taire les gêneurs.
Au banc des condamné·es : militant·es, avocat·es, figures de partis, accusé·es de » complot contre la sûreté de l’État » ou d’ » appartenance à un groupe terroriste « . En réalité ? Ils et elles ont simplement osé critiquer Kaïs Saïed, qui s’est taillé les pleins pouvoirs depuis 2021. Depuis, c’est nettoyage en règle : arrestations, exils forcés, procès expéditifs. Le message est clair : la dissidence, c’est direction la taule.
Human Rights Watch dénonce une instrumentalisation crasse du système judiciaire. L’acte d’accusation a été lu, la décision pliée sans que les accusé·es aient pu ouvrir la bouche. Plusieurs avaient entamé une grève de la faim pour réclamer le droit élémentaire d’être entendu·es. En vain.
Le pays qui avait fait naître le Printemps arabe s’enfonce dans la répression. À ce rythme, il ne restera bientôt plus que la peur et la colère. Mais attention, à force de jouer avec le feu, le pouvoir pourrait bien voir les pavés voler. Parce qu’à chaque bâillon posé, c’est la rage qui monte.
