Le premier dossier explosif, c’est l’Algérie. Gérald Darmanin a réclamé le rappel de l’ambassadeur français, une initiative qui n’est pas du tout de son ressort. Un conseiller de Macron lâche, excédé : « Ce n’est pas son rôle, il n’est pas ministre des Affaires étrangères. » Mais Darmanin persiste, au mépris de toute coordination gouvernementale.
À l’Élysée, on enrage de voir les ministres se marcher sur les pieds. Un proche de Macron tacle sévèrement : « Ceux qui se livrent à une guéguerre jouent un moche combat. » L’agacement grimpe alors que la guerre en Ukraine et les tensions internationales réclament un minimum de sérieux.
Voile et règlements de comptes : Matignon explose
Si le dossier algérien irrite, c’est la question du voile dans le sport qui met Matignon à feu et à sang. Mardi 18 mars, François Bayrou a convoqué en urgence plusieurs ministres pour un recadrage en règle. L’objectif ? Éviter que le gouvernement se transforme en ring de boxe. Raté.

L’ambiance est électrique. Bayrou ne mâche pas ses mots et s’en prend frontalement à Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur : « Tais-toi ! » L’échange est violent, Retailleau se lève pour quitter la salle, rattrapé de justesse par Bayrou. Gérald Darmanin, lui, menace carrément de claquer la porte du gouvernement.
D’un côté : Élisabeth Borne et la ministre des Sports Marie Barsacq. De l’autre : Darmanin, Retailleau et Aurore Bergé, vent debout contre le voile dans le sport. Bayrou tranche en faveur du clan Darmanin, annonçant qu’il ne tolérera plus d’opposition interne. « S’il y en a un qui n’est pas à l’aise, il peut démissionner. » L’avertissement est clair.
Concours de testostérone et campagne en toile de fond
Ce qui se joue, c’est moins un débat de fond qu’un bras de fer entre ambitions personnelles. Un conseiller glisse, amer : « C’est le concours de celui qui a la plus grosse. » Retailleau est en campagne pour la présidence de LR, et Darmanin cherche à s’imposer comme l’homme fort du gouvernement. Tous savent que la présidentielle 2027 se joue dès maintenant.
À l’Élysée, on tente de calmer le jeu, mais la fissure est bien là. « La polyphonie, c’est mieux que la cacophonie, mais au bout d’un moment, il faut de l’harmonie. » Sauf que dans cette équipe où chacun veut imposer sa voix, personne ne veut chanter en chœur.
