Retailleau : ministre de l’Intérieur ou porte-parole de l’extrême droite ?

Y a des coups de pieds au cul qui se perdent, et Bruno Retailleau commence à sérieusement les collectionner. Deux jours après une attaque fasciste en plein Paris – avec des nervis cagoulés, armés jusqu’aux dents, gueulant des slogans nazis et laissant derrière eux des antifascistes tabassés et poignardés –, notre ministre de l’Intérieur trouve encore le moyen de renvoyer “dos à dos” l’extrême droite et la gauche.

Ah ben oui, forcément, si des fachos attaquent une réunion antifasciste, c’est la faute des antifas ! Comme si les résistants de 1943 étaient aussi coupables que la Gestapo parce qu’ils leur tenaient tête. À ce niveau-là, on dépasse le foutage de gueule, on frôle la complicité.

Les fachos cognent, Retailleau couvre

Pendant que la CGT panse ses plaies et qu’un militant se remet d’un coup de lame, Retailleau, lui, déroule son disque rayé : “la violence c’est mal, peu importe d’où elle vient…”, et zou, l’ultragauche prend son petit tacle habituel. Comme si c’était les antifas qui défilaient au pas en horde armée.

Y a pas à chercher midi à quatorze heures : Retailleau protège les siens. Parce que ces milices d’extrême droite, elles ont beau être dégénérées et sauvages, elles servent son camp. Elles terrorisent les opposants, elles font le sale boulot, pendant que lui fait semblant de voir flou.

Et ça ose se dire ministre de la République… Sauf que la République, elle a un passif avec l’extrême droite. Un passif qui pue les ratonnades, les attentats de l’OAS et la complaisance policière. Retailleau s’inscrit dans cette lignée : fermer les yeux, minimiser, détourner l’attention et taper sur la gauche pour mieux protéger les brutes de son camp.

Ministre des flics ou des milices ?

Pas un mot pour les victimes. Pas une question sur l’absence totale de protection policière autour de l’événement antifasciste, alors que la menace d’une attaque était bien connue. Retailleau préfère parler de “violence des deux côtés”, comme un vulgaire commentateur de BFMTV incapable de nommer un fasciste quand il en voit un.

Même les députés écologistes et insoumis hallucinent devant cette servilité. Ian Brossat, Clémence Guetté, Raphaël Arnault, tous pointent du doigt un ministre qui, au mieux, se fout de la montée du fascisme, au pire, en profite.

Et pendant ce temps, six nazillons sont en garde à vue, pendant que leurs petits copains rigolent et préparent la prochaine attaque. Retailleau pourra encore nous sortir son baratin sur la violence “des deux côtés”, en attendant que les flics, trop occupés à traquer les SDF ou à bastonner les manifs, laissent une nouvelle fois le champ libre aux nervis de l’extrême droite.

Un ministre de l’Intérieur qui protège les fascistes, c’est un problème. Un ministre qui joue leur jeu, c’est une menace. Et Retailleau, c’est tout vu : il a choisi son camp.

Nous suivre