Insurrection en Serbie : le jour où Vucic pourrait tomber, et la démocratie directe triompher

Belgrade tremble. Depuis plus de quatre mois, les rues grondent, et le 15 mars pourrait être le jour où tout bascule. Étudiant·es, ouvrier·es, prolos et retraité·es marchent sur la capitale pour foutre en l’air le régime autoritaire d’Aleksandar Vucic. Un mouvement insurrectionnel qui ne veut pas d’un simple changement de têtes, mais une refonte totale du pouvoir, avec la démocratie directe en ligne de mire.

Ce qui se passe en Serbie fait tache d’huile en Serbie. Bosnie, Monténégro, Croatie, Macédoine, Slovénie… la révolte fait tâche d’huile dans les Balkans. En Slovaquie, la mobilisation dure depuis deux mois et demi. En Grèce, un mouvement similaire vient de démarrer. Mais en Europe de l’Ouest, silence radio. La presse occidentale ferme les yeux, espérant que tout ça crève dans l’œuf. Raté.

Les facs bloquées, la rue en feu

Tout a commencé avec les étudiant·es qui bloquent leurs facs, refusant de voir leur avenir confisqué par un régime corrompu. Puis, les AG étudiantes sont devenues des assemblées populaires. Des milliers de personnes ont rejoint la révolte, transformant un simple mouvement social en une vraie volonté révolutionnaire.

Les manifs ont explosé, avec une grève générale massive le 7 mars. Les 8 et 9 mars, les rues débordaient. Le 10 mars, les étudiant·es ont appelé à la constitution d’assemblées populaires partout dans le pays, pour organiser la démocratie directe.

Et depuis, les marches convergentes ont commencé. Depuis Novi Sad, Subotica, Lazarevac et toutes les grandes villes du pays, les manifestant·es avancent vers Belgrade. À leur arrivée, la capitale pourrait bien exploser.

Vucic à bout de souffle, l’État vacille

Face à cette marée humaine, Vucic panique. Il menace d’envoyer l’armée, mais même dans les casernes, ça hésite. Les flics commencent à douter, certains s’affrontent entre eux, un gendarme a même fini à l’hosto.

Alors, Vucic tente le tout pour le tout. Il fait bloquer les routes vers Belgrade avec des tracteurs, en espérant que ses soutiens agriculteurs empêchent les marcheurs d’atteindre la capitale. Une manœuvre pathétique qui n’arrêtera rien.

Autre plan désespéré : organiser une contre-manif monstre le 28 mars, en appelant ses partisans à descendre dans la rue pour faire barrage à l’insurrection. Mais la rue a déjà pris l’avantage.

La démocratie directe comme objectif

Ce qui se joue ici, ce n’est pas juste un changement de gouvernement. C’est un rejet total du système. Les manifestant·es ne veulent pas d’un simple « gouvernement d’experts », ce vieux piège qui a déjà flingué tant de révoltes. Ils veulent décider eux-mêmes.

Dans leur « Lettre à la Nation serbe », les étudiant·es appellent à former des assemblées locales, partout. Pas de députés corrompus, pas de politiques bidon : juste des gens qui prennent eux-mêmes leurs décisions.

Dans quelques heures, Belgrade sera le théâtre d’un moment historique. Soit la révolte renverse le régime, soit la répression s’abat.

Mais une chose est sûre : ce qui se joue ici ne s’arrêtera pas là. Si la Serbie bascule, c’est toute l’Europe qui pourrait s’enflammer. La rue a parlé. Reste à savoir si elle ira jusqu’au bout.

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