Depuis le 7 octobre 2023, la bande de Gaza subit des bombardements d’une intensité sans précédent. Plus de 55 000 morts, des dizaines de milliers de blessés, et des destructions massives d’infrastructures civiles : écoles, hôpitaux, mosquées, réseaux d’eau et d’électricité. Mais derrière l’horreur visible, un autre crime se déroule dans l’ombre : Gaza est devenue un véritable laboratoire d’expérimentation pour trouver de nouvelles façons de tuer, pour tester des nouvelles armes israéliennes.
Selon une enquête du média Infoaut, l’armée israélienne a massivement recours à l’intelligence artificielle pour mener ses opérations de « ciblage ». Un logiciel surnommé Lavender sélectionne automatiquement les cibles humaines en se basant sur l’analyse de données : appels téléphoniques, déplacements géolocalisés, connexions Internet… En quelques secondes, une fiche est dressée sur chaque habitant·e, trié·e comme « suspect » ou « dommage collatéral acceptable ».
Lavender : la machine à tuer
Lavender n’a pas besoin de preuves. Il se contente d’établir des « liens » potentiels entre des civils et des membres présumés du Hamas ou d’autres groupes armés. Plus de 50 000 Palestinien·nes ont ainsi été placés sur liste rouge sans enquête réelle, sans procès, sans même une vérification humaine systématique.
Résultat : des frappes de drones ou de missiles sur des maisons entières, souvent en pleine nuit. Les militaires eux-mêmes reconnaissent qu’environ 10% des cibles désignées par Lavender n’avaient aucun lien avec un quelconque groupe armé. Mais cette marge d’erreur est jugée « acceptable » par l’armée israélienne. Après tout, comme le dit un officier cité anonymement : » Mieux vaut se tromper que rater une cible. «
À cette politique d’assassinat algorithmique s’ajoute une « optimisation » meurtrière : les frappes sont planifiées pour tuer non seulement la cible principale, mais aussi sa famille, ses voisins, les passant·es. Plus le nombre de morts est élevé, plus l’impact est censé dissuader toute résistance.
Les bombardements visent également à tester de nouvelles générations de munitions intelligentes : bombes guidées par IA, drones kamikazes autonomes, systèmes de reconnaissance automatique. À chaque frappe, les ingénieurs militaires collectent des données : type de destruction, comportement humain après l’impact, efficacité du ciblage.

Quand le Génocide se transforme en buisness
Israël ne cache pas son objectif : vendre ces armes et ces logiciels sur le marché mondial. Les entreprises de l’armement israéliennes vantent déjà leurs produits comme « battle-tested » (éprouvés au combat), un label qui fait grimper les prix et séduit les acheteurs internationaux.
Des dizaines d’États, d’armées privées et d’agences de renseignement se ruent pour acquérir ces technologies « validées » par le massacre de Gaza. Les drones Hermes, les missiles Spike, les logiciels d’analyse prédictive : tout est en vitrine, tout est à vendre. Gaza sert de démonstration grandeur nature pour booster les exportations militaires israéliennes, qui représentent plus de 10 milliards de dollars par an.
La transformation de Gaza en abattoir algorithmique n’est pas seulement une question militaire. C’est un business model. Plus il y a de morts, plus le savoir-faire israélien en matière de « contre-insurrection », de « sécurisation urbaine », de « guerre préventive » devient bankable.
Dans ce système, les Palestinien·nes ne sont même plus vu·es comme des ennemis, mais comme de la matière première pour l’industrie militaire. Le racisme structurel contre les Arabes rend possible cette déshumanisation extrême : ce ne sont pas des vies détruites, mais des « cibles neutralisées », des « effets collatéraux », des « opérations de décontamination ».
La guerre algorithmique israélienne n’est que la dernière mutation de la logique coloniale. Historiquement, la colonisation a toujours justifié l’extermination, l’asservissement ou la déportation sous des prétextes « civilisateurs ». Aujourd’hui, cette entreprise est couverte par la « guerre contre le terrorisme » et par le langage de la technologie.
Avec l’aide active des États-Unis, qui financent massivement les programmes de R&D militaire israéliens, et sous la protection de l’Union Européenne, Israël expérimente de nouvelles formes de domination : occupation numérique, surveillance totale, contrôle prédictif des populations..
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