Bolloré et ses médias : Propagande en prime time pour l’Extrême Droite

Vous pensiez que la victoire éclatante du Rassemblement National (RN) aux européennes était le fruit d’une poussée populaire spontanée ? Allons donc, sortez de votre bulle. Lundi matin, Pascal Praud et Cyril Hanouna n’ont pas caché leur plaisir de voir triompher l’extrême droite, leur joyau favori, poli et aiguisé à longueur d’antenne par les médias de Bolloré.

Pascal Praud, ce grand maître de la désinformation sur CNews, n’a pas lésiné sur les superlatifs : ” La France a dit hier soir qu’elle ne voulait pas mourir “, a-t-il osé, avant de déverser son flot de clichés racistes et xénophobes : non à l’immigration, non à l’insécurité, non à l’islamisation et au wokisme. Ah, cette belle rengaine que les téléspectateurs de CNews doivent connaître par cœur à force de l’entendre tous les jours.

CNews et les autres médias de Bolloré ont minutieusement travaillé à imposer dans le débat public les idées les plus nauséabondes de l’extrême droite. En peignant la France comme un pays à feu et à sang, en stigmatisant sans relâche les musulmans et les étrangers, ces médias ont transformé chaque fait divers en preuve irréfutable de la décadence nationale. Une stratégie efficace, il faut le reconnaître, puisque le RN a raflé 31,4 % des suffrages, laissant le camp présidentiel à un misérable 14,6 %.

La machine à désinformer en action

Le modus operandi de Bolloré et ses sbires ? Ignorer les règles déontologiques les plus élémentaires et transformer chaque incident en un enjeu national. Une bagarre de collégiens à Montpellier ? C’est forcément la faute des Frères musulmans. Une attaque au couteau à Annecy ? Immédiatement attribuée à l’immigration de masse, même si l’assaillant est un chrétien syrien. Tout est bon pour alimenter la peur et la haine.

À Europe 1 comme à CNews, les journalistes sont priés de produire au moins un sujet par tranche d’information qui colle à cette ligne xénophobe. Et on se demande encore pourquoi l’extrême droite a gagné ? Il suffit de regarder la télévision pour comprendre.

Capter la colère et diriger la haine

Pascal Praud, toujours lui, s’en donne à cœur joie en fustigeant la gauche et les macronistes à longueur d’antenne. ” Les Français ne veulent pas des femmes voilées “, affirme-t-il avec une assurance déconcertante, en prenant soin de souligner que les sociétés multiculturelles ” finissent par se foutre sur la gueule “. On croit rêver.

Puis, c’est au tour de Laurence Ferrari de faire parler ” les Français ” : ” Ils se demandent : “Qui va entendre notre voix, qui va prendre en compte notre désir d’autorité ?” ” Un discours soigneusement orienté pour capter la colère populaire et la diriger contre les ennemis désignés : la gauche, les élites, et bien sûr, les étrangers.

Hanouna et la normalisation de l’Extrême Droite

Sur C8, Cyril Hanouna continue son travail de sape. Sa mission ? Banaliser l’extrême droite et diaboliser La France Insoumise. Invité de son émission, Léon Deffontaines, tête de liste communiste, se fait malmener dès qu’il ose critiquer le RN. Hanouna, fidèle serviteur de Bolloré, ne cache même plus son jeu. ” Air Jordan “, comme il aime appeler Bardella, a droit à tous les honneurs sur ” Touche pas à mon poste ! “. En six mois, le leader du RN a été invité pas moins de six fois. Qui dit mieux ?

La mainmise de bolloré sur le pays

Bolloré n’a pas seulement réussi à installer l’extrême droite dans le paysage médiatique ; il en a fait une force incontournable de la politique française. Grâce à ses médias, il a transformé chaque colère, chaque frustration en un argument de campagne pour le RN. Et pendant ce temps, Hanouna et Praud sabrent le champagne sur les décombres de la République.

Le résultat de cette entreprise de démolition ? Un pays plus divisé que jamais, où la haine et la peur dictent le débat public. Emmanuel Macron, avec sa dissolution de l’Assemblée et ses manœuvres désespérées, ne fait que jouer le jeu de Bolloré, offrant sur un plateau le pouvoir à ceux qui prônent l’exclusion et le repli identitaire. La France mérite mieux que ce triste spectacle orchestré par un magnat des médias sans scrupules.

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