Ciotti et le RN : Un mariage de raison ou pur cynisme ?

C’est le dernier rebondissement d’une saga qui sent le rance et l’opportunisme à plein nez. Éric Ciotti, le grand manitou de Les Républicains (LR), a décidé de se jeter dans les bras du Rassemblement National (RN). Pourquoi pas, après tout ? Quand on partage les mêmes idées moisies depuis des années, autant faire semblant d’être honnête pour une fois.

Cessons de jouer les chouettes effarouchées. Cela faisait des lustres que les deux partis jouaient au jeu du chat et de la souris, recyclant sans vergogne les mêmes thèmes : immigration, sécurité, identité nationale, islam. Depuis Sarkozy, LR n’a cessé de flirter avec les idées nauséabondes de l’extrême droite, saupoudrant le tout de fausse indignation morale pour sauver les apparences.

La preuve ? Les innombrables amendements jumeaux déposés à l’Assemblée nationale par LR et le RN. La loi immigration, véritable ode à la xénophobie, est le fruit de ce mariage arrangé. Olivier Marleix, chef de file des député·es LR, peut bien prétendre à l’indépendance, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : 305 amendements identiques en un an. On a vu plus d’originalité dans un épisode de téléréalité.

Le grand hypocrite : Nicolas Sarkozy

N’oublions pas l’origine du mal. Nicolas Sarkozy, ce grand visionnaire, a introduit LR dans la danse macabre de l’extrême droite dès son accession à l’UMP. Son mantra ? Siphonner les voix du FN en adoptant une rhétorique identitaire et sécuritaire. Résultat : un parti divisé, tiraillé entre néolibéralisme et crispations identitaires, qui n’a jamais su où se placer.

Mais pourquoi se gêner ? Sarkozy, avec son ministère de l’identité nationale et ses discours haineux, a pavé la voie royale à la normalisation des idées d’extrême droite. Et après lui, personne n’a eu le courage de faire un véritable inventaire. Les prétendants à la présidence se sont battus à coups de surenchères identitaires, de Fillon à Ciotti, laissant le champ libre à une radicalisation rampante.

Le cordon sanitaire, un mythe définitivement évaporé

La stratégie du ” ni-ni ” de Sarkozy, cet de mépris politique consistant à ne choisir ni l’un ni l’autre, ni la gauche ni le RN, lors des élections, a enfin trouvé sa conclusion logique. En appelant à une alliance avec le parti d’extrême droite, Éric Ciotti a enterré cette vision une fois pour toutes. Pourquoi continuer à faire semblant quand on peut enfin assumer ses vraies affinités ?

La quête de respectabilité du RN

Pour le RN, c’est le jackpot. La quête de respectabilité de Marine Le Pen trouve ici son couronnement. En s’alliant officiellement avec LR, le RN se débarrasse des derniers relents de son passé encombrant avec l’aide fraternelles des médias. Finie l’image de parti paria, place à la respectabilité toute neuve offerte sur un plateau par les républicains dévoyés, l’extrême droite c’est pas nous c’est Reconquête.

Ciotti a admis que le RN est apte à gouverner faisant voler le dernier arguments de la droite contre une alliance avec l’extrême droite. Après tout, les programmes des deux partis sont interchangeables sur les sujets essentiels : immigration, sécurité, identité nationale. Les différences sont tellement ténues qu’elles en deviennent risibles.

Une dégringolade morale et politique

La droite républicaine n’a plus de républicaine que le nom. En s’alliant avec le RN, elle trahit non seulement ses propres principes (si tant est qu’il en restait), mais aussi ses électeurs qui croyaient encore à un semblant de dignité politique. La course effrénée vers la droite la plus extrême n’a plus de frein, et LR se condamne à n’être qu’un appendice de l’extrême droite.

L’alliance Ciotti-RN est l’aboutissement logique d’années de compromissions et de renoncements. Une droite sans valeurs, prête à tout pour le pouvoir, même à vendre son âme à l’extrême droite. Ce mariage de raison n’est en réalité qu’un mariage de cynisme, où les ambitions personnelles et les calculs électoraux priment sur toute considération morale. Triste spectacle d’une démocratie en déroute, où les masques tombent et les vraies intentions se dévoilent.

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