Consommer la rupture : sans changement radical, plus d’eau, plus de bouffe, plus d’avenir

Si tu t’es retrouvé à discuter climat et catastrophe écologique avec des gens « normaux » (pas de ces crétins qui pensent qu’on exagère et que tout va bien), tu finis toujours sur une question : OK, alors si on est tous d’accord qu’on va droit dans le mur, pourquoi rien ne change ?

Voilà une partie de la réponse : si tu attends que ça vienne d’en haut, genre de l’État ou de quiconque t’a habilement subtilisé ta souveraineté, tu vas pouvoir attendre longtemps. En voici un exemple criant. En 2023, notre (surtout leur) Première ministre avait demandé à France Stratégie une étude prospective sur les prélèvements et la consommation d’eau en 2050. L’organisme vient de publier son rapport.

Il en ressort que, même avec la meilleure volonté du monde, l’eau manquera. Mais ce qui est intéressant, c’est la manière dont ils élaborent leurs scénarios : ils font tourner des modèles avec des hypothèses climatiques et des hypothèses politiques. Ces dernières peuvent être :

-« Tendancielles » (on ne change rien, on continue à foncer dans le mur en klaxonnant).

-« Politiques publiques » (on essaie de bricoler un truc « pragmatique » où on sauve l’écologie, le nucléaire et l’industrie… en même temps).

-« Rupture » (là, on commence à vraiment prendre le taureau par les cornes).

Et devine quoi ? Le seul schéma qui permettrait de compenser l’hypothèse climatique la plus sèche et de ne pas crever de faim est, évidemment, le scénario rupture.

Alors qu’est-ce qui se passe dans la tête du Premier ministre qui lit ça ? Zut, je viens de promettre à DuGenou, lobbyiste pro-nucléaire, la construction de 14 EPR. Ou encore : Comment financer ma campagne si toutes les cimenteries de France ferment boutique ? Sûrement. Mais surtout, il se rend compte que le scénario rupture demande un effort tel que personne n’osera le proposer à ses électeurs.

Car voilà la vérité : c’est une option qui ne peut que s’imposer par la force. Pas celle d’un pouvoir qui ne veut surtout pas déranger ses petits arrangements, mais celle de ceux et celles qui n’ont plus rien à perdre. Ce n’est pas un rapport de technocrates qui va changer quoi que ce soit. Si on veut éviter de finir à sec, c’est dans la rue, dans les champs et dans les usines que ça se jouera.

PS : Ah, et désolé pour les défenseurs des mégabassines… France Stratégie écrit noir sur blanc que ces monstres ne sont pas une solution.

Nous suivre