Le site infolibertaire.net se présente comme une plateforme d’agrégation des luttes, mais ne produit rien et pompe massivement dans les contenus militants pour générer du trafic. Son objectif ? Rediriger les internautes vers un réseau d’une trentaine de sites, tous administrés par la même personne, Anarchoi. Parmi eux, Pirate Punk, Quebec Underground, Libertaire.net, ou encore des faux sites de fédérations anarchistes traduits en une dizaine de langues.
Tout ce contenu attire une masse de visiteur·ses vers le vrai centre de profit du réseau : la boutique Ni Dieu Ni Maître, vitrine de vêtements à slogans révolutionnaires, opérée par No Gods No Masters Coop, une « coopérative » sans statut déclaré ni transparence légale.
Le business derrière la révolution
Sous couvert de « coopérative à but non lucratif », le site vend des tee-shirts imprimés à la demande via la plateforme Spreadshirt, en mode 100 % dropshipping. L’impression, la logistique et la livraison sont assurées par une multinationale. Anarchoi, lui, touche les bénéfices sans se salir les mains. En 2010 déjà, chaque tee-shirt rapportait près de 6 dollars nets. Aujourd’hui, les profits seraient montés jusqu’à 250 000 dollars annuels.
La promesse ? Que chaque achat contribue à financer des causes militantes. Sauf que ces dons vont vers des associations… gérées par Anarchoi lui-même, qui financent les serveurs des mêmes sites que les boutiques alimentent en contenu et en trafic. Une belle boucle fermée.
Solidarité simulée, opacité assumée
Aucune mention légale, aucun numéro d’association ou de société, un whois masqué, pas de bilan financier : tout est fait pour empêcher de savoir qui encaisse quoi et où va le fric. Les dons affichés sont sans cadre légal clair, donnant à penser à une gestion associative, là où il s’agit d’un engagement moral flou et unilatéral.

Pire, le catalogue pompe sans vergogne logos, visuels et slogans issus de groupes militants, d’artistes indépendants et de collectifs DIY, sans autorisation ni redistribution. Des plateformes de téléchargement pirate servent même de produit d’appel vers la boutique, aggravant encore le pillage de la culture contestataire.
Pas d’ateliers autogérés, pas de production locale, pas de transparence : juste un site vitrine bien marketé, reposant sur la main-d’œuvre sous-payée de marques comme Fruit of the Loom au Honduras, et estampillé « PETA approved » grâce aux certifications… de Spreadshirt.
Anarchoi, lui, gère seul son empire numérique, connu pour ses méthodes de management toxique, son autoritarisme sur les forums et son agressivité envers toute critique. Les militant·es qui osent parler se heurtent à l’omerta ou au harcèlement.
Un cas d’école de capitalisme radical-washing
Ce modèle bien huilé récolte de l’argent via des ventes commerciales, en prétendant en reverser une partie à des causes militantes. Mais tout indique que l’argent revient dans les poches du même réseau, finançant sites, serveurs et infrastructures… contrôlés par la même main.
Légalement, cela pourrait permettre une défiscalisation partielle des bénéfices, si les dons sont enregistrés comme « charges ». Rien n’est certain, mais l’opacité est telle qu’un schéma d’optimisation fiscale n’est pas à exclure.
Derrière les grands slogans et les tee-shirts « engagés », c’est toute une économie circulaire de l’arnaque qui tourne à plein régime. Anarchoi recycle la rage des autres en cash, vampirise les luttes, instrumentalise les colères. Il ne vend pas des tee-shirts. Il vend du faux militantisme.
Alors cessez de filer du fric à ce business de pacotille. Boycottez les boutiques No Gods No Masters. Dénoncez les pillages culturels. Et reprenons nos luttes là où elles ont du sens : collectives, transparentes, et hors des logiques marchandes.
NDLR: Plus d’info sur un article super parût sur Rebellyon https://rebellyon.info/Ni-Dieu-Ni-Maitre-lucrative-galaxie-du-28798



