Face à la théocratie iranienne, célébrer Nowrouz devient un geste de résistance

Alors que le printemps s’annonce, que les flammes dansent et que les herbes vertes poussent sur les tables, le peuple iranien à célébré Nowrouz. Et ce simple acte — sauter par-dessus un feu, dresser une table de symboles, danser sous le ciel — devient une provocation, une insulte jetée au visage d’un régime qui n’a que la mort à offrir.

Nowrouz, littéralement  » jour nouveau « , est bien plus qu’un Nouvel An. C’est un cri de joie, une pulsation de vie millénaire, célébrée depuis plus de 3 000 ans de l’Iran au Tadjikistan, du Kurdistan à l’Albanie. Reconnu comme fête internationale par l’ONU en 2010, Nowrouz est la fête des peuples, contre les tyrans.

Au cœur de cette fête, trois grands moments : — Chahar Shanbeh Soori, la fête du feu, où l’on saute au-dessus des flammes pour se purifier du mal, en criant :  » Ma couleur jaune malade pour toi, ta couleur rouge saine pour moi !  » — Haft-Sin, le réveillon du Nouvel An, où l’on dresse une table pleine de symboles : herbe pour la renaissance, ail pour la santé, pomme pour la beauté, et tant d’autres. — Sizdah Bedar, le 13e jour, jour de nature, de joie collective, de pique-niques et de chants, où l’on rend à la terre ce qu’elle nous a offert.

Mais en Iran, rien de tout cela n’est neutre. Depuis la révolution islamique de 1979, le régime chiite théocratique a tout fait pour effacer cette fête de la mémoire populaire. Dans son obsession morbide du deuil, il ne tolère pas la lumière, la musique, le rire. Nowrouz est jugée païenne, impure, trop joyeuse. Alors on interdit, on réprime, on étouffe.

Mais la fête tient bon. Malgré les interdictions, les Iraniens et Iraniennes continuent de sauter par-dessus les feux, de dresser leurs Haft-Sin, de sortir en foule dans les parcs. Chaque flamme allumée est une claque au pouvoir. Chaque table dressée est un acte de défi. Chaque danse est une pierre jetée dans la machine à tristesse d’un régime fasciste.

Et c’est là que réside la force de Nowrouz. Ce n’est pas seulement le début du printemps. C’est un soulèvement culturel, une mémoire qui refuse de mourir, une joie politique. Face à l’État des mollahs, le bonheur est un acte de lutte.

Alors oui, la fête de Nowrouz est une lance empoisonnée plantée dans le cœur du régime. Parce qu’elle dit :  » Nous sommes vivants. Nous sommes libres. Nous rions encore.  » Et face à ça, aucune milice, aucun sermon, aucune prison ne peut triompher.

Vive Nowrouz ! Vive la vie ! Les peuples unis sont invincibles.

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