En France, c’est le printemps des feux de joie. Près de Toulouse, un McDonald a flambé dans la nuit, réduit en cendres en solidarité avec la Palestine. Graulhet, dans le Tarn : les murs ont parlé, couverts de messages rageurs contre le Rassemblement National. À Caen, ce sont de mystérieux » rats » qui ont rongé la fibre du port, foutant le bordel dans les flux numériques des pontes du commerce maritime.
Direction les Alpes, où le chantier du TGV Lyon-Turin a pris cher. Engins hors d’usage, convoyeurs sabordés, et un petit “TELT casse-toi” laissé comme carte de visite. Le tout dans un texte qui cause de montagne violée et de projet écocidaire. Pas besoin d’être ingénieur pour piger que les bétonneurs sont pas les bienvenus là-haut.

À l’étranger, c’est pas plus calme. Aux États-Unis, la guerre contre les temples de la bagnole électrique bat son plein : des chargeurs Tesla pétés à Bloomington, une usine vandalisée au Michigan, et une autre concession ravagée à Idaho. Iels ont décidé qu’il n’y aurait pas de quartier pour les marchands de promesses vertes aux batteries pleines de sang. Toujours à Bloomington, un centre de données en construction a vu quatre engins de chantier partir en fumée. A croire que la smart city a pris un coup de chaud.
En Italie, à Massa, quatre anarchistes du journal Bezmotivny risquent de lourdes peines. L’État les accuse d’apologie du terrorisme et d’avoir manqué de respect au président. Comme si un président méritait autre chose que du mépris. Et pendant ce temps-là au Chili, Francisco Solar, enfermé depuis cinq ans dans un régime de punition, vient enfin de sortir de l’isolement. Un souffle d’air pour un camarade qui n’a jamais plié.
Alors oui, pendant que les patrons s’en mettent plein les poches, que les États bétonnent leurs frontières et que les médias bavent sur les élections à venir, la rage elle, continue de s’écrire en lettres de feux. Parce que pour certains tant qu’il y aura des cages, y aura des clés….
