La sècheresse implacable dans les Pyrénées-Orientales : Un échec environnemental et politique

Dans les terres arides des Pyrénées-Orientales, la sècheresse n’est pas seulement un phénomène météorologique, elle devient un symbole criant de la négligence et de l’échec politique.

Denis Basserie, un producteur local d’abricots, témoigne du désastre en arrachant une partie de ses arbres le 17 avril 2024, un acte de désespoir face à un investissement en irrigation devenu inutile. Cet agriculteur, comme tant d’autres dans la région de Rivesaltes et Espira-de-l’Agly, est frappé par une double peine : payer une redevance d’eau astronomique de 15 000 euros pour un précieux liquide qui ne coule plus.

Une indifférence coupable

Le gouvernement et les assurances, enfermés dans leurs tours d’ivoire bureaucratiques, semblent sourds aux cris de détresse des agriculteurs. Les assurances, concentrées uniquement sur les pertes de récoltes, ignorent la mort silencieuse des arbres et des vignobles, laissant les agriculteurs se débattre seuls avec leurs pertes.

Un héritage hydrique sacrifié sur l’autel de l’inaction

Historiquement, les agriculteurs de la région se sont appuyés sur les eaux des Pyrénées, acheminées par 3 000 kilomètres de canaux. Mais en refusant l’Aqua Domitia en 2011, projet ecocide de Canal entre le Rhône et les PO, ils n’imaginaient pas que leur autonomie historique se transformerait en une malédiction. Aujourd’hui, ils plaident pour l’extension de cet aqueduc, un appel désespéré pour une ressource qui se fait rare.

Les ASA : Des gestionnaires de l’eau entre critiques et controverses

Les 200 Associations Syndicales Autorisées (ASA) qui gèrent ce précieux liquide sont sous le feu des critiques, particulièrement de la part des écologistes qui accusent ces organisations de sacrifier la vie aquatique au profit de l’agriculture. “Avant on coupait la rivière en cas de besoin”, admet sans remords Jean Bertrand de l’ASA, illustrant une approche désuète et destructrice face à une crise qui requiert innovation et conservation.

Les nouveaux défis de l’urbanisation et de la Commercialisation

L’expansion urbaine et les projets commerciaux exacerbent cette crise. Le projet de golf de Villeneuve-de-la-Raho, par exemple, est un paradoxe flagrant dans un département qui lutte pour chaque goutte d’eau. Le maire de Perpignan, Robert Vila, minimise la crise climatique et suggère naïvement que des jours meilleurs, plus humides, sont à l’horizon. Ce visionnaire projette la construction d’immeubles de bureau avec un lac au millieu pour y faire du téléski pendant la pause déjeuner. Cette attitude reflète un dangereux déni alors que la réalité du terrain commande une transformation radicale de la gestion de l’eau et du développement régional.

Vers une transformation ou un désastre continu ?

La situation dans les Pyrénées-Orientales est un microcosme des défis mondiaux en matière de gestion de l’eau et de planification environnementale. Elle nous oblige à repenser notre rapport à l’environnement, à équilibrer développement et durabilité. Cependant, avec des leaders comme Vila, qui préfèrent une politique de l’autruche à l’innovation, le département et ses citoyens risquent de souffrir encore longtemps de cette sécheresse de leadership autant que de pluviométrie.

Dans ce récit de négligence et d’opportunisme, où les décisions de quelques-uns pèsent sur le destin de tous, la question demeure : jusqu’à quand les Pyrénées-Orientales, et d’autres régions comme elles, peuvent-elles supporter les coûts de l’inaction? La réponse, malheureusement, pourrait se révéler aussi aride que les rivières asséchées de cette région autrefois verdoyante.

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