Le “comité citoyen” de l’IGPN : Un rapport enterré, une crédibilité anéantie

Lancé avec fanfare en automne 2021, le “comité d’évaluation de la déontologie policière” de l’IGPN, cette prétendue garantie d’intégrité censée incorporer des voix non-policières, semble déjà agoniser. Après deux ans d’efforts, le comité a accouché d’un rapport sur les contrôles d’identité en décembre 2023, un document que le ministère de l’intérieur garde sous clé, refusant de le divulguer publiquement. Voilà pour la transparence promise.

Un silence assourdissant et un rapport introuvable

Mediapart a dû se tourner vers la Commission d’accès aux documents administratifs pour tenter d’obtenir le fameux rapport, sans succès. Le ministère campe sur ses positions, laissant le rapport et ses recommandations se perdre dans les méandres bureaucratiques, signal clair du peu d’estime accordé aux conclusions de ce comité.

Un contenu tiède pour une opération tiédie

Le rapport, finalement dévoilé par des moyens détournés, révèle son caractère non révolutionnaire. Agnès Thibault-Lecuivre, directrice de l’IGPN, y parle de “démarche constructive” et de débats riches, masquant mal l’absence de véritables propositions de changement. Les préconisations, loin de transformer les pratiques, suggèrent timidement l’utilisation accrue de caméras-piétons et une meilleure explication des motifs de contrôles d’identité, déjà suggérées par la Cour des comptes en décembre 2023.

Des propositions qui évitent les vrais enjeux

Plutôt que de s’attaquer frontalement aux problématiques de discrimination et de contrôles abusifs, le rapport préfère rappeler le cadre juridique existant et comparer les pratiques françaises à celles d’autres pays, sans s’engager dans une véritable réforme. Même la pauvre idée d’un récépissé de contrôle, qui pourrait pourtant introduire une trace et une transparence dans les contrôles d’identité, est écartée sans véritable justification.

Des débuts prometteurs, un avenir incertain

Ce comité, qui avait le potentiel de remettre en question certaines pratiques contestées de la police nationale, semble déjà menacé d’obsolescence. Aucune nouvelle réunion n’a été planifiée, et avec les Jeux olympiques de Paris à l’horizon, les membres policiers du comité risquent d’être encore moins disponibles.

Loin d’être une surprise, ce comité d’évaluation, comme tous les autres qui l’ont précédé, grand débat, commission citoyenne et autre pis aller macroniste, n’a accouché de rien. La Macronie ou le syndrome du trou du cul capable de ne produire que du vent ou de la merde!

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