Purge Politique à France Inter: La Chute Libre de la Radio Publique

Adèle Van Reeth, la directrice de France Inter, continue son entreprise de démolition de la radio publique avec une efficacité glaçante. Au lieu de restaurer la crédibilité de cette institution autrefois respectée, elle semble déterminée à en achever la destruction. Dans la lignée de ses prédécesseurs, elle ne laisse derrière elle que ruines et désolation.

La Matinale de la Dévastation

Les dégâts commencent dès la matinale, devenue le terrain de jeu préféré des élites de l’extrême droite, avec un Jordan Bardella qui applaudit des deux mains cette “normalisation” des relations. La matinale s’étend de plus en plus, sacrifiant les programmes de qualité sur l’autel de la superficialité et de l’éditorialisation à outrance. Les débats, si tant est qu’on puisse les appeler ainsi, sont devenus de véritables mascarades, recyclant sans fin les mêmes têtes d’affiche, tout en écartant toute voix discordante.

L’éviction de l’émission “C’est encore nous” de Charline Vanhoenacker est symptomatique de cette purge idéologique. Guillaume Meurice, l’un des humoristes les plus incisifs de la radio, est dans le collimateur de la direction pour une “faute grave”, en réalité pour une blague qui n’a pas plu aux puissants. La liste des victimes de cette purge s’allonge : “La Terre au Carré” va être remplacée par une émission expurgée de toute critique sociale, et “Les Vies françaises” de Charlotte Perry ainsi que “C’est bientôt demain” d’Antoine Chao disparaissent purement et simplement des grilles.

Une Destruction Méthodique

Adèle Van Reeth ne fait que poursuivre le travail de sape initié par ses prédécesseurs. Rappelons-nous l’éjection de “Comme un bruit qui court”, émission succédant à “Là-bas si j’y suis” de Daniel Mermet, trop militante selon Laurence Bloch. À chaque étape, les rares espaces de reportage et de critique sociale sont méthodiquement éliminés. Le répondeur de “La Terre au Carré”, où des citoyens ordinaires pouvaient faire entendre leur voix, est la dernière victime en date de cette politique de répression.

Les employés de Radio France ne se taisent pas. Ils dénoncent cette “atteinte grave au pluralisme”. Le 23 avril, la CGT de Radio France alertait une nouvelle fois sur le projet de holding visant à regrouper les sociétés de l’audiovisuel public, une manœuvre perçue comme une tentative de démantèlement de la radio publique. La grève des 23 et 24 mai, précédée de celle du 12 mai pour “la défense de la liberté d’expression”, s’annonce tendue.

Les Prétextes Ridicules de la Direction

Interrogée par Le Monde, la direction invoque un “souci de lisibilité de la grille”. En réalité, il s’agit de céder aux pressions des cercles macronistes et de l’extrême droite, comme le montre l’influence de comptes anonymes comme @MediasCitoyens, qui attaquent France Inter pour son prétendu “gauchisme”. La direction de France Inter, loin de défendre l’indépendance de la radio, tremble et obéit.

L’oubli volontaire des archives de Bernard Maris, assassiné lors des attentats contre Charlie Hebdo, est une autre illustration de la dérive de France Inter. Aucune page de ses chroniques, notamment “L’autre économie”, n’est accessible, signe de l’état d’esprit répressif qui règne chez les dirigeants de la chaîne.

Une Ironie Amère

Adèle Van Reeth, dans une archive hilarante, parle d’”humoristes irrévérencieux” qui lui font du bien, tandis que Léa Salamé avoue que l’important est “le moment”, pas la vérité ou la question. Ce mépris pour la pensée critique et le pluralisme est désormais la marque de fabrique de France Inter sous leur direction.

M le magazine du Monde, en septembre 2023, peignait Adèle Van Reeth en réformatrice bienveillante. En réalité, elle ne fait que parachever l’œuvre destructrice de ses prédécesseurs, s’attaquant sans relâche à ce qu’il reste de critique sociale et de journalisme indépendant à France Inter. Dans cette entreprise de démolition, elle perpétue un vieil héritage patronal, dévastant ce qui fut une grande radio publique.

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