Réforme de la fonction publique : Le gouvernement renforce le calendrier, les syndicats grincent des dents

Le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, a décidé de mettre les bouchées doubles sur la réforme de la fonction publique. Après une réunion tendue avec les syndicats, dont la moitié a boycotté l’événement, le gouvernement pousse son projet controversé. On dirait bien que pour le ministre le dialogue social, c’est pas sa tasse de thé !

Une réunion “tendue” et des Propositions “stigmatisantes”

Stanislas Guerini, probablement en pleine forme, a enrichi le calendrier de concertation sur la réforme de la fonction publique. Les prochaines rencontres bilatérales se feront avec le ministre en personne, et une nouvelle réunion multilatérale est prévue en juillet. Tout cela pour présenter un projet de loi à l’automne. On ne perd pas de temps quand il s’agit de chambouler la vie des fonctionnaires !

Les propositions comprennent la suppression des catégories A, B et C, une augmentation de la rémunération au mérite et plus de licenciements pour les fonctionnaires “ne faisant pas bien leur travail”. Le ministre avait déjà planté le décor en avril. De quoi faire plaisir aux syndicats, évidemment.

Les Syndicats en Colère

La réunion a duré deux heures trente dans une ambiance “un peu tendue”, selon Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques. Elle a dénoncé la tonalité “stigmatisante” des propositions de Guerini. Le débat mérite d’être à un autre niveau, surtout quand il est déjà difficile de recruter et de garder des agents. Mais visiblement, ce n’est pas la priorité du gouvernement.

La CFDT, l’Unsa, la CFE-CGC et la FA-FP étaient présentes, mais les gros bras, CGT, Force ouvrière, FSU et Solidaires, ont refusé de venir. Guerini “assume qu’il s’agit d’une réforme d’ampleur” pouvant “créer des désaccords”. Ah bon, vraiment ?

Le Rapport de Force Continue

La coordination des employeurs publics territoriaux (CET) critique également la réforme, rappelant que “le défi premier d’une fonction publique moderne est celui de l’attractivité et de la fidélisation”. Ils rejettent l’idée que le système soit bloqué dans les années 80. Apparemment, le ministère s’est inspiré de la contribution de la CET pour favoriser la titularisation des apprentis et la promotion des agents. Un petit geste pour calmer la tempête, sans doute.

Les syndicats, eux, ne comptent pas se taire. Un boycott des prochaines réunions est probable pour Force Ouvrière. “Que le ministre sorte du flou”, a déclaré Benoît Teste de la FSU, appelant à discuter de la titularisation, la démocratie sociale et le contexte salarial.

Gaëlle Martinez de l’Union syndicale Solidaires dénonce “un manque de respect absolu pour les agents”. Céline Verzeletti de la CGT prévient que le ministre doit changer de méthode ou assumer qu’il n’y aura pas de négociations. On sent la tension monter.

Stanislas Guerini, avec son projet de réforme, joue avec le feu. Les syndicats majoritaires sont en colère et refusent de négocier dans ces conditions. En attendant, les fonctionnaires continuent de faire tourner la machine publique malgré tout. Ce bras de fer entre le gouvernement et les syndicats promet de ne pas se résoudre de sitôt. Affaire à suivre.

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