Syrie : Jolani et HTS mènent une guerre d’extermination, l’Occident détourne le regard
Des milliers d’Alawites massacré·es, des minorités traquées et exterminées sous les yeux d’une communauté internationale qui regarde ailleurs. À Lattaquié, Homs et Tartous, les theocrates de HTS poursuivent une épuration méthodique, pendant que l’ONU et l’Occident légitiment leurs crimes.
En trois jours seulement, plus de 3 000 civil·es ont été tué·es dans la région côtière syrienne. À Baniyas, des familles sont traquées, exécutées dans les rues. À Lattaquié, les habitant·es sont raflé·es, leurs corps abandonnés dans des fosses communes. Les jihadistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), désormais reconnu comme force de sécurité légitime par plusieurs gouvernements occidentaux, mènent une purge implacable.
» Un hécatombe d’Alaouites : humanité massacrée dans des rituels sanglants, bourreaux filmant fièrement leur spectacle infernal. Femmes hurlant en voyant leurs enfants traînés hors des maisons et abattus aux côtés de leurs pères et grands-pères « , décrit Karim Franceschi, fondateur du Bataillon International YPG. » Ce n’est pas juste un massacre, c’est la destruction calculée d’une communauté entière. «
Le carnage se déroule sous l’œil des caméras, mais il est pourtant passé sous silence. L’Associated Press a osé qualifier ce bain de sang de » clashes entre gouvernement et loyalistes d’Assad « . Les médias occidentaux neutralisent la violence, la diluent dans des formules creuses. Amnesty International ? Muette. L’ONU ? Absente. L’Europe ? Complice.
L’Occident protecteur et allié des bourreaux
Après que l’Occident ait fêté l’arrivée au pouvoir des theocrates, Ahmed al-Shaara, alias Jolani, ancien cadre d’al-Qaïda et chef de HTS, est aujourd’hui accueilli comme un dirigeant respectable par la communauté internationale. En janvier, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, lui tendait la main, appelant les minorités syriennes à » se désarmer et faire confiance au gouvernement « . Deux mois plus tard, ces minorités sont massacrées.
» Al Jazeera perpétue le mensonge, qualifiant un génocide de simples affrontements « , s’indigne Franceschi. » L’ONU détourne les yeux, Amnesty International reste silencieuse, et pendant ce temps, l’Occident légitime les bourreaux. «
L’embrasement syrien n’est pas un chaos spontané. C’est le résultat d’une stratégie cynique où les alliances se font et se défont au gré des intérêts. La reconnaissance de HTS par l’ONU et plusieurs pays occidentaux a ouvert la voie à l’impunité totale. En refusant de qualifier ces crimes pour ce qu’ils sont – un nettoyage ethnique –, la communauté internationale avalise un nouvel épisode sanglant de la guerre syrienne.
Une extermination programmée
Les Druzes, Kurdes et Chrétiens savent que leur tour viendra. À Qusour, un quartier de Baniyas, les exécutions continuent. À Homs, des habitant·es sont emmené·es par dizaines, on ne les revoit jamais. Kurdish Front News rapporte qu’HTS a refusé tout dialogue avec les minorités, rejetant l’idée d’un système fédéral qui garantirait leurs droits.
L’objectif est clair : un État dominé par les jihadistes, où les minorités sont soit éradiquées, soit forcées à l’exil. Pendant que les Kurdes de Rojava continuent de se battre pour leur survie, que les Druzes cherchent une protection auprès d’Israël, les Alaouites et les Chrétiens, eux, sont livrés à la barbarie sans protection, sans soutien, sans espoir.
Ce massacre ne se déroule pas dans l’ombre. Il est documenté, filmé, analysé. Mais il est aussi volontairement effacé. Le plus grand crime n’est pas seulement l’extermination en cours, c’est son invisibilisation. L’Occident, qui prétend défendre la démocratie et les droits humains, serre aujourd’hui la main de ceux qui exécutent froidement des enfants dans les rues.
Le silence vaut complicité
» Ce fut un génocide non seulement par extermination, mais aussi par éradication de la mémoire. L’horreur a été lavée par des euphémismes médiatiques et par la lâcheté diplomatique. Ce silence vaut complicité « , martèle Franceschi.
La théocratie est la pire forme du fascisme parce qu’elle ne se contente pas de broyer les libertés politiques, elle s’attaque directement à l’esprit, à la pensée, à l’âme même des individus. Là où les dictatures classiques imposent une soumission physique et sociale, la théocratie exige une allégeance totale, annihilant jusqu’au droit de douter. Sous son joug, toute remise en question devient un blasphème, toute pensée dissidente une hérésie à éradiquer. Elle ne réprime pas seulement les corps, elle colonise les consciences, verrouillant la possibilité même d’imaginer une autre réalité. C’est une tyrannie absolue où le bourreau ne se contente pas de dicter la loi : il prétend parler au nom de Dieu, réduisant ainsi l’humain à une ombre, privé de toute volonté propre.
Aujourd’hui, la Syrie n’est plus seulement un champ de bataille. C’est un cimetière à ciel ouvert où les minorités disparaissent, un laboratoire de l’impunité où l’Occident laisse faire. L’histoire retiendra cette trahison. L’important, c’est de ne pas se taire, de ne pas laisser l’oubli s’installer. Parce que si aujourd’hui ce sont les Alaouites, les Chrétiens et les Druzes, demain ce sera d’autres peuples, d’autres communautés. Et le cycle de l’horreur continuera.