Sauver nos services : Les travailleurs fédéraux en guerre contre Musk et Trump

L’administration Trump, avec Elon Musk en bras armé, mène une guerre ouverte contre les services publics américains. À coups de licenciements massifs, de privatisations et de suppressions d’agences, le président et son complice milliardaire veulent réduire l’État fédéral à un simple outil au service du capital. Mais face à cette attaque frontale, les travailleurs fédéraux s’organisent et ripostent.

Le 7 février, des centaines de manifestants ont envahi les rues de Washington, DC, pour protester contre la fermeture du Bureau de Protection Financière des Consommateurs (CFPB). Créé après la crise financière de 2008, cet organisme était l’un des rares à protéger les citoyens contre les abus bancaires. Aujourd’hui, il est sur la sellette. « Les escrocs attaquent l’agence anti-escroquerie », ironise Chris Dols, ingénieur à l’Armée et membre du Federal Unionists Network (FUN).

Depuis son retour au pouvoir, Trump applique méthodiquement son plan de démantèlement du secteur public, soutenu par Musk et son Department of Government Efficiency (DOGE). Derrière ce nom pompeux, un véritable escadron de liquidation des services fédéraux, chargé de privatiser, de supprimer et de restructurer sous prétexte d’ »efficacité ».

Une attaque idéologique contre l’État

DOGE fonctionne comme une milice privée, intervenant au sein des agences pour les restructurer à la hache. « C’est une attaque idéologique », analyse un expert. « Depuis des décennies, la droite rêve de démanteler l’État fédéral. Trump et Musk leur offrent enfin l’opportunité de le faire. »

Le CFPB n’est que la première victime d’une longue liste. La prochaine cible ? Les agences de régulation environnementale, les services sociaux et même certaines branches du ministère de la Justice. L’objectif est clair : faire sauter tout ce qui peut freiner les profits des grandes entreprises et détruire ce qui reste d’un politique de redistribution aux États-Unis.

L’objectif: Un plan de privatisation

L’administration Trump et Musk avancent avec un double discours. Officiellement, il s’agit de « rendre l’État plus efficace ». Officieusement, il s’agit de le briser.

Une des armes les plus vicieuses de cette politique est l’offre de buyout (rachat) proposée aux fonctionnaires fédéraux. L’administration offre des primes de départ sous prétexte de « réduction des effectifs ». Sauf que l’arnaque est trop grosse : seuls 3 % des employés concernés ont accepté l’offre, bien en deçà des espérances de l’administration. « Les travailleurs fédéraux ne sont pas dupes. Ce plan, c’est une arnaque. Une escroquerie pour casser nos services publics et enrichir le privé. », déclare un syndicaliste.

L’opération rappelle étrangement ce qu’avait fait Musk en rachetant Twitter : licenciements massifs, déstabilisation, intimidation et destruction des protections salariales. « Ils appliquent au secteur public les méthodes du capitalisme sauvage. »

La riposte s’organise sur tous les fronts

Face à l’attaque, les travailleurs fédéraux ne comptent pas se laisser faire. Le Federal Unionists Network (FUN) a décrété une journée nationale d’action le 19 février, sous le slogan « Sauvez nos services ! ».

Mais la riposte ne se limite pas aux manifs et aux banderoles. Les travailleurs s’organisent à la base, dans leurs quartiers, sur leurs lieux de travail, dans des réseaux de solidarité. Des jardins communautaires fleurissent partout où l’État recule, des collectifs de soins autogérés se montent pour pallier les coupes dans la santé, et les syndicats renforcent leurs liens avec les mouvements sociaux.

« On ne défend pas juste nos emplois, on défend le droit des gens à un service public digne de ce nom. », explique un militant. La lutte passe par la rue, mais aussi par la construction d’alternatives concrètes, pour que personne ne reste sur le carreau.

La bataille ne fait que commencer

Trump et Musk jouent la carte du choc : créer le chaos, précariser les travailleurs, affaiblir les syndicats et imposer leurs réformes en force. Mais la résistance grandit. Dans plusieurs États, des fonctionnaires rejoignent massivement les syndicats. Les travailleurs fédéraux, souvent perçus comme une bureaucratie lointaine, deviennent un front de lutte contre le capitalisme sauvage.

Les attaques contre l’État fédéral ne sont pas qu’une question de gestion budgétaire. C’est une guerre idéologique contre l’idée même que l’État puisse protéger ses citoyens contre les excès du marché. Musk et Trump veulent faire disparaître la solidarité institutionnelle pour laisser place à un monde où seuls les plus riches ont des droits.

Mais la riposte s’intensifie. À chaque coup porté contre les services publics, une brique de plus est posée pour reconstruire des espaces d’entraide, hors du contrôle de l’État et du marché. Face à la privatisation du monde, c’est par la solidarité et l’action collective que la riposte s’organise.

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