La Punition de l’inaction face au changement climatique

Après l’Allemagne, la Belgique ou les pays de l’est de l’Europe, c’est au tour de l’Espagne d’être touchée par une catastrophe météorologique amplifiée par le changement climatique. 219 morts, plus de 80 personnes disparues pour un bilan qui pourrait dépasser les 300 morts

Les climato-sceptiques et autres négationnistes voudraient nous faire croire que ce n’est pas la première fois que Valence est touchée par une inondation monstre en prenant l’exemple de 1956. La réalité c’est que l’inondation de cette année est aussi une conséquence des solutions mises en place après 1956. Afin de protéger la ville de Valence, le cours d’eau qui traverse la ville fut dévié par la construction d’un lit de rivière artificiel et bétonné traversant des communes et entouré de logements. A cela s’ajoute l’imperméabilisation des sols liée à la sécheresse qui sévit depuis plusieurs années maintenant. Conséquence, la catastrophe qui s’est produite est pire que celle qui était sensée être évitée et ce sont les précaires qui en paient le plus lourds tribus.

La faillite des (ir)responsables politiques

Lorsque les services météorologiques préconisent de placer la région de Valence en alerte rouge. Le gouverneur régional, issu d’une alliance entre le Parti Populaire (droite) et Vox (extrême droite) refuse de suivre cette préconisation. Pire il va minimiser l’ampleur de la situation météorologique, s’improvisant grand expert. Rien ne sera fait avant que la submersion commence. Il parait important de préciser qu’en Novembre, les tocards de cette alliance ont supprimé l’unité d’urgence de Valence, la cellule de crise qui permet de coordonner les interventions en cas d’urgence. Les alertes par téléphone sont envoyées en fin de journée, une fois que les premières communes sont sous l’eau. Dans un deuxième temps, le conflit politique va encore aggravé la situation puisque le gouvernement central socialiste refuse d’envoyer de l’aide tant que le gouverneur cité plus haut n’en fait pas la demande. Pire les pompiers français venant aider bénévolement les sinistrés arrivent sur place avant les services d’urgence espagnols. La situation est ubuesque ajoutant l’incompréhension au malheur et au deuil des habitants. L’accueil virulent réservé au premier sinistre Sanchez et au couple royal montre que les habitants ne se trompent pas dans l’analyse des responsabilités. Le gouverneur, quant à lui, reste caché pour ne pas subir la colère populaire. Comme toujours, l’extrême droite fuit pour ne pas assumer les conséquences de ses actes et la colère justifiée qu’elle génère. 10,8 milliards d’euros ! C’est ce le montant de la première aide envoyée par le gouvernement central. C’est une partie du coût financier pour la société espagnole. Peu importe les sommes dépensées pour réparer les dégâts matériels, les vies, elles, n’ont pas de prix ! Ce ne sont pas quelques euros qui vont remplacer la présence des disparu.e.s pour leurs familles, leurs proches.

La déesse bagnole

D’après les témoignages des plongeurs sur place, nombre de personnes se sont retrouver coincées dans les parkings souterrains et décèderont faute de pouvoir s’en échapper, transformant certains parkings en cimetière. Pourquoi ce réflexe d’aller s’enterrer au lieu de prendre de la hauteur  pour se protéger ? Pour sauver leur voiture… Leur choix aurait il été le même si l’alerte rouge avait été déclenchée à temps ? C’est une française qui nous donne la réponse lorsqu’elle nous explique que malgré les conseils de ne pas sortir de chez soi, elle et son mari ont fait le choix d’aller faire des courses au supermarché. Son mari se retrouvera bloqué sur le toit de sa voiture pendant 8h après avoir voulu sauver son moyen de transport de la montée des eaux. La voiture compte elle plus que la vie ? Le méprisant de la République française « adore la bagnole », les plus pauvres sont prêt à risquer leur vie pour la sauver car cet outil leur est indispensable pour travailler, pour vivre. Le cynisme de ce patron espagnol, obligeant un de ses salariés sinistrés à parcourir les 2h30 de marche le séparant de son lieu de travail pour ensuite le vilipender de son retard à son arrivée sur le site de l’entreprise démontre une fois de plus, l’inhumanité crasse qui habite une partie du patronat.

Conclusion

Les bâtards de la mondialisation, que sont les élites bourgeoises et politiques, ne sont pas du tout dans la remise en question de leur action ou plutôt de leur inaction. Ce qui les préoccupe, c’est de préserver leur poste d’élu ou leur petite fortune accumulée sur le dos du reste de la société. Ce qui les préoccupe c’est le maintien de leur mode de vie, fait de pollution à outrance et d’injonction à l’effort pour la plèbe. Ce qui les préoccupe c’est de continuer a parasiter le peuple des « riens » pour nourrir les premiers de cordées au détriment des premiers de corvées. Puisque les dirigeants sont incapables d’anticiper ou de résoudre les crises comment nous, citoyens, pouvons nous prendre les choses en main ? Nous pourrons par exemple nous organiser en assemblée citoyenne locale dans le but de se former, d’évaluer les risques du changement climatique sur la vie locale et d’inventer des solutions à l’échelle communale pour sauver des vies et nous permettre de lutter efficacement contre le séparatisme bourgeois qui gangrène la société.

Source :

https://www.mediapart.fr/journal/international/051124/intemperies-en-espagne-comme-toujours-ce-sont-les-plus-modestes-qui-paient-le-prix-fort (Abonnés)

https://www.mediapart.fr/journal/international/031124/espagne-les-critiques-se-durcissent-contre-la-droite-au-pouvoir-valence (Abonnés)

https://www.mediapart.fr/journal/international/311024/valence-le-gouvernement-regional-est-accuse-de-negligence (Abonnés)

Nous suivre