Entre oppression et espoir, la flamme de la résistance baloutche ne s’éteint pas

Occupé, persécuté, effacé des cartes : le Baloutchistan est une nation enchaînée. Mais comme les Kurdes, les Baloutches refusent de disparaître. Entre exécutions, disparitions forcées et soulèvements, leur combat pour l’indépendance est une guerre que les puissances étouffent, mais qu’ils continuent de mener.

Nation effacée par les frontières coloniales, le Baloutchistan s’étend sur trois pays : Pakistan, Iran et Afghanistan. Trois États qui ont fait de ce territoire une prison à ciel ouvert, niant son identité, exploitant ses ressources et massacrant sa population.

Depuis des décennies, les Baloutches luttent contre une oppression qui vise à les faire disparaître. « C’est un génocide lent, » dénonce Jamal Baloch, militant des droits humains et coordinateur média de Paank. « Nos villages brûlent, nos jeunes sont pendus ou disparaissent. Mais on refuse de plier. »

Une répression sanglante et méthodique

L’arsenal répressif contre les Baloutches est sans limite :

Au Pakistan, l’armée mène des raids meurtriers, brûle des villages et enlève des militant·es. En Iran, les exécutions publiques sont devenues une arme de terreur, avec un pic de pendaisons en 2024. En Afghanistan, les Talibans traquent et éliminent les Baloutches qui osent revendiquer leur identité.

Jamal Baloch raconte : « Nos jeunes disparaissent, et leurs familles doivent mendier auprès des autorités pour retrouver leurs corps. C’est une guerre psychologique, ils veulent nous briser. »

Les femmes en première ligne

Comme au Kurdistan, les femmes sont au cœur de la résistance. Mahrang Baloch, militante emblématique, incarne cette révolte. « Elle affronte les matraques, les gaz lacrymogènes, elle marche en tête des cortèges, » explique Jamal.

L’exemple des femmes kurdes inspire les militantes baloutches. « Les combattantes du Rojava nous montrent qu’une révolution peut être portée par les femmes. Chez nous aussi, elles prennent la tête du combat. »

Les revendications des Baloutches sont claires pas : La fin des disparitions et des exécutions, La reconnaissance officielle de leur langue et de leur culture, La souveraineté sur leurs terres et leurs ressources et enfin et surtout L’indépendance totale.

Mais face à ces demandes, les États en place n’offrent que plus de répression. « Ils pillent nos ressources, tuent nos leaders, et veulent nous effacer, » résume Jamal. « Mais notre résistance est plus forte qu’eux. »

Une inspiration venue du Rojava

Face à l’oppression, les Baloutches scrutent le modèle kurde en Syrie. L’autonomie démocratique du Rojava est un exemple : un territoire autogéré, résistant aux attaques turques et islamistes, où les femmes tiennent un rôle central.

« Ce qu’ils ont construit est incroyable, » confie Jamal. « Leur révolution nous montre qu’on peut briser nos chaînes. C’est une lumière qui éclaire notre chemin. »

Alors que la répression s’intensifie, l’espoir grandit. Le message est clair : tant qu’il y aura des Baloutches, il y aura une lutte.

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