Génocide à Gaza : silence, on tue

L’association Acrimed, dans un formidable travail de veille journalistique, nous offre un constat proprement terrifiant sur le traitement médiatique du génocide à Gaza, notamment sur les principaux quotidiens de France (Le Monde, Le Parisien, Le Figaro et Libération).

Le sort des palestinien·nes, dès le début du conflit, n’a été que peu très médiatisé, une fois passé l’effet “surprise” des tout premiers jours suivant l’attaque du 7 octobre.

Les graphiques réalisés par Acrimed sont sans appel : plus le temps passe, plus le massacre des palestinien·nes est invisibilisé. Pire encore, on constate que “les rares moments de regain d’intérêt sont largement décorrélés du drame en cours sur le terrain.”

Parmi les évènements ayant suscité un léger regain d’intérêt, on peut citer la visite diplomatique de Macron ou encore les premières libérations d’otages. Le nombre de morts à Gaza, quant à lui, semble n’avoir aucun effet sur l’intérêt de ces médias. Les matinales de France Inter ont également été analysées, et le constat est tristement similaire.

Du côté des journaux télévisés, même “combat”, comme nous l’avions déjà évoqué ici, grâce au travail de veille du média Arrêt Sur Images : “[…] Le sort des Gazaoui·es ne fait l’objet d’aucune séquence dédiée, que ce soit avec un reportage ou en plateau. Et aucun journal, d’aucune chaîne, n’a indiqué sur cette période de bilan chiffré du nombre total de morts à Gaza, plus de 28 000 à ce jour. Deux séquences font exception, toutes deux diffusées dans le 20 heures de France 2 pour un total de 5 minutes d’antenne.”

Au regard de ces informations, nous ne pouvons que déplorer un traitement médiatique qui se fait le complice du massacre des palestinien·nes. Cette situation est inacceptable, comme le résume parfaitement Acrimed : “les doubles standards, les compassions sélectives et l’invisibilisation de Gaza ont ainsi abouti à un véritable naufrage informationnel et moral”.

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