La France gangrenée par la violence homophobe : Une urgence ignorée

Regardez bien, compagnon, cette horreur qui se répand dans notre pays comme une maladie incurable. Les agressions homophobes se multiplient, de Montreuil à Lyon, et la violence s’abat sur nos camarades homosexuels dans l’indifférence quasi-générale. Les victimes peinent à se faire entendre, et la justice, parfois complice par son inaction, laisse ces crimes impunis

Luc Di Gallo, adjoint à la mairie de Montreuil, pensait simplement profiter d’un rendez-vous avec un jeune homme rencontré sur une application. Mais ce soir-là, le parc des Guilands est devenu le théâtre d’une agression brutale. Roué de coups par trois silhouettes haineuses qui n’ont trouvé rien de mieux que de l’étrangler et de l’insulter de “sale pédé”, Luc a dû affronter la réalité effrayante de l’homophobie moderne. Ses agresseurs ? Toujours en liberté, bien sûr.

Un parc paisible peut devenir un piège mortel si tu affiche ton homosexualité

Luc Di Gallo n’est malheureusement pas un cas isolé. À Montreuil, deux autres agressions similaires ont été signalées récemment. Mais le fléau est national. En France, les guets-apens homophobes sont devenus monnaie courante. Des chiffres ? Presque inexistants. Mediapart a dénombré 300 cas entre 2017 et 2021. Un chiffre sans doute bien en deçà de la réalité. Pourquoi ? Parce que les victimes, souvent, n’osent pas porter plainte, paralysées par la peur et la honte.

Les agresseurs se servent des réseaux sociaux et des sites de rencontres pour piéger leurs victimes. Prenez Coco.gg, un site qui, grâce à son anonymat total, est devenu le repaire favori des homophobes. SOS Homophobie a demandé sa fermeture en octobre 2023. Réponse du gouvernement ? Un silence assourdissant. Mais qu’importe, après tout, la sécurité des camarades LGBT+ n’est visiblement pas une priorité.

Les réseaux sociaux, nouveaux champs de bataille

Ilies B., par exemple, 27 ans et déjà un criminel aguerri. Il a été mis en examen pour avoir menacé et dépouillé au moins quatre victimes dans sa cave, à Paris. Couteau sous la gorge, hachoir à la main, tout est bon pour terroriser ses proies. Et il ne s’arrête pas là : “sale gros pédé de merde”, voilà le genre d’insultes qu’il réserve à ses victimes. Et malgré des preuves accablantes, il ose prétendre qu’il n’est pas homophobe.

Faire reconnaître le caractère homophobe d’une agression, c’est souvent un parcours du combattant. Quentin Caillot et Lucas, deux jeunes hommes agressés à Lyon, ont dû se battre pour que leur calvaire soit reconnu comme tel. Et que dire des forces de l’ordre, disons… fort peu empathiques, qui balayent ces aspects cruciaux d’un revers de main ?

Le ministère de l’Intérieur a promis de former 100 % des policiers et gendarmes d’ici mai 2023. Une belle promesse, mais dans les faits ? C’est le néant. Les associations dénoncent une inaction totale du gouvernement. Les formations autour des violences conjugales, on les voit passer, mais celles concernant la lutte contre l’homophobie ? Rien, ou presque. De toute façon au vue du résultat des formations contre les VSS, il est peut probable que le salut viennent de cette direction…

Même avec des preuves, obtenir justice reste un défi. Jonathan, 23 ans, tabassé à Saint-Étienne, a dû batailler pour que le caractère homophobe de son agression soit reconnu. Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi les victimes doivent-elles se battre non seulement contre leurs agresseurs, mais aussi contre un système judiciaire aveugle et sourd ?

Une Urgence nationale ignorée

Compagnon, on se doit de réagir face à cette violence intolérable. Nos camarades LGBT+ ne doivent plus vivre dans la peur. La lutte contre l’homophobie n’est pas une option, c’est une urgence.

Nous suivre