Il n’aura fallu que quelques secondes pour que Thomas Sotto, en bon chien de garde du déni national, s’insurge : » Jean-Michel, on n’a pas fait Oradour-sur-Glane en Algérie ! « . La machine à outrage s’est alors mise en marche : Jordan Bardella parle de » falsification odieuse « , Éric Ciotti le qualifie d’ » influenceur algérien « , Pascal Praud l’accuse de » jeter des braises « , et Cyril Hanouna surenchérit : » C’est peut-être ce que j’ai entendu de plus grave depuis longtemps « .
Cette réaction collective n’a qu’un but : maintenir le tabou sur les massacres coloniaux. Pourtant, les historiens en attestent : la France a bel et bien exterminé des villages entiers en Algérie, en représailles aux actes de résistance.
Oradour-sur-Glane : Un massacre nazi… qui rappelle bien les crimes français en Algérie
Le 10 juin 1944, la division SS Das Reich massacre 642 civils à Oradour-sur-Glane en représailles à des actions de la Résistance. Un village entier anéanti, hommes exécutés, femmes et enfants brûlés vifs dans l’église. Un acte de terreur destiné à écraser toute opposition.
Dire que la France a reproduit ce schéma en Algérie ne signifie pas qu’elle a organisé un génocide comme les nazis, mais qu’elle a appliqué les mêmes logiques de massacres de masse, d’exécutions collectives et de punitions exemplaires.
L’horreur coloniale française : des villages entiers rayés de la carte
Les crimes coloniaux français sont documentés, mais soigneusement tus. En voici quelques exemples :
Les enfumades du Dahra (1844-1845) : Les généraux Cavaignac, Pélissier et Bugeaud asphyxient des centaines de civils dans des grottes. Femmes, enfants, vieillards meurent étouffés par la fumée, sous prétexte de « punir » les résistants algériens.

Le massacre de Laghouat (1852) : 2 500 civils tués, les survivants réduits à l’esclavage.
La répression de l’insurrection de 1871 : Villages incendiés, exécutions massives, déportations en Nouvelle-Calédonie.
Le massacre de Sétif (8 mai 1945) : Après une manifestation pacifique pour l’indépendance, entre 15 000 et 45 000 Algériens sont exterminés, leurs villages incendiés par l’armée française et les colons.
Les représailles de 1955 : Après l’attaque du FLN contre des Européens, l’armée française tue environ 10 000 civils algériens, en appliquant la doctrine de la » responsabilité collective « .
Sakiet Sidi Youssef (1958) : Bombardement d’un village tunisien, 200 morts, dont des enfants.
Un refus de regarder l’histoire en face
L’armée française a utilisé le napalm contre des villages, rasé des douars entiers, exécuté des prisonniers par milliers. Dire que la France a fait des Oradour-sur-Glane en Algérie, c’est rappeler une vérité historique. Mais dans un pays où le colonialisme est encore glorifié, même un journaliste du système comme Aphatie se fait traiter en ennemi public.
Ce n’est pas une simple polémique médiatique, c’est un symptôme : tant que la France ne reconnaîtra pas ses crimes coloniaux, elle continuera à reproduire les mêmes schémas de violence et de domination.
