Le business juteux derrière les matchs de charité de macron

Quand la charité se transforme en business juteux, qui en profite vraiment? Spoiler : ce ne sont pas les démunis.

Les matchs de charité, ces grands spectacles où les puissants viennent se donner bonne conscience, le Variétés Club de France, en a fait sa spécialité Mais derrière une facade charitable se cache en réalité un business bien huilé, orchestré par la famille Vendroux. Derrière les sourires et les poignées de main, c’est un commerce lucratif qui se trame, avec des entreprises prêtes à débourser jusqu’à 75 000 euros pour accéder aux privilèges, comme un dîner à l’Élysée. Et non, cet argent ne va pas aux bonnes œuvres.

Des dessous peu reluisants de la charité

Depuis les années 1970, le Variétés Club de France réunit des légendes du football, des artistes et même des politiciens pour des matchs de charité. Emmanuel Macron lui-même n’a pas résisté à l’appel des crampons pour une opération “Pièces jaunes”. Mais qui aurait cru que cette vitrine de générosité cache un commerce familial lucratif? Jacques Vendroux, fondateur du VCF, et son fils Baptiste, avec sa société Ventilo, ont trouvé un moyen de transformer ces événements en une source de revenus impressionnante.

Le duo père-fils : une machine à cash

Jacques Vendroux, figure emblématique du journalisme sportif, a su convaincre Macron de se joindre à cette “bande de copains”. La dernière apparition du président, c’était pour les “Pièces jaunes” en avril, avec Jacques guidant Macron à l’entrée du stade. Pendant ce temps, Baptiste Vendroux, journaliste sportif pour Prime Video et discret partenaire d’affaires, orchestrait l’événement en costume, non pas sous la bannière du VCF, mais sous celle de sa société, Ventilo Sports, créée en 2018 avec Tom Rocheteau, fils du footballeur Dominique Rocheteau.

Un business familial bien rodé

Pour le match du 24 avril, Ventilo Sports a proposé aux entreprises de payer entre 25 000 et 75 000 euros pour être associées à l’événement. En échange, elles ont eu droit à une panoplie de privilèges : places pour le dîner de gala à l’Élysée, accréditations en bord de pelouse, et plus encore. Selon les documents obtenus par Mediapart, les gains pour Ventilo Sports se chiffrent entre 200 000 et 600 000 euros, bien plus que ce qui a été collecté pour les “Pièces jaunes”.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

La présidence de la République n’a pas voulu commenter cette marchandisation des places au dîner de gala. Jacques Vendroux, de son côté, évacue la question en rétorquant : “On travaille avec qui on veut. Il est où le problème ? On vole des gens ? On tue des gens ?” Le député Renaissance Karl Olive, président du Variétés depuis 2022, justifie cette alliance en parlant de partenariat gagnant-gagnant. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les dons directs aux associations restent largement inférieurs aux revenus générés par Ventilo Sports.

Une confusion bien entretenue

Les relations entre le VCF et Ventilo Sports sont floues. Jacques et Baptiste Vendroux, ainsi que Tom Rocheteau, siègent ensemble au sein des commissions du VCF chargées de l’organisation des événements caritatifs. Les actions lucratives de Ventilo Sports se mêlent aux activités bénévoles du VCF, créant une confusion entretenue. Ventilo Sports n’hésite pas à se vanter de réalisations du VCF bien avant sa création, brouillant encore plus les pistes.

Les médias du groupe Bolloré en renfort

Jacques Vendroux, grâce à sa position dans les médias, promeut activement les événements du VCF et de Ventilo Sports. Ses chroniques dans Le Journal du Dimanche et ses interventions sur Europe 1 ne manquent jamais de mentionner le Variétés Club de France. Cette promotion constante profite directement aux affaires de son fils, Ventilo Sports étant souvent le prestataire des événements du VCF.

Un réseau politique bien huilé

Ventilo Sports bénéficie également de solides appuis politiques. Le match du 24 avril, avec la participation de Macron, n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’influence du réseau Vendroux. En 2022, l’agence s’associe à “l’équipe de France de l’Assemblée nationale”, une structure informelle créée par des députés pour des actions caritatives. Ventilo propose aux entreprises de participer à ces événements pour 30 000 euros, offrant en retour des opportunités de réseautage avec les parlementaires.

Des opérations internationales

Ventilo Sports ne se limite pas à la France. En février, l’agence organise un match en Guinée Conakry, financé par la compagnie pétrolière Vivo Energy. Le succès de cet événement ouvre la voie à d’autres, comme celui prévu à Kinshasa en décembre 2024, officialisé par le président congolais Félix Tshisekedi lors de sa visite à Paris.

Conclusion : une façade de générosité

Derrière les sourires et les bonnes intentions affichées, les matchs de charité du Variétés Club de France, en particulier ceux où Emmanuel Macron participe, cachent un business juteux orchestré par la famille Vendroux. Le mélange des genres entre charité et profit personnel soulève des questions éthiques. Ce business, bien que légitime dans sa forme, est tout simplement immondes et immoral.

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