Macron et l’industrie

Sur l’arène mondial de la puissance économiques, Emmanuel Macron a récemment cherché à redéfinir son rôle face à des acteurs comme la Chine et les États-Unis. Invité à l’Élysée, Xi Jinping a vu Macron se parer des atours d’un stratège industriel, prônant “réciprocité” et “réindustrialisation” protectrice. Cependant, derrière le faste des déclarations, on discerne les vrais desseins : une suite de mesures économiques qui peinent à cacher une politique sa s autre ambition qu’une politique anti social

Le conservatisme déguisé en innovation

Dans le cadre de sa rencontre avec Xi Jinping et à travers des interviews dans *The Economist* et *La Tribune*, Macron a dépeint un tableau où la France, sous son égide, jouerait d’égal à égal avec les titans économiques mondiaux. Mais la réalité, moins reluisante, montre un président oscillant entre la réminiscence de politiques ultralibérale dépassées et des annonces grandiloquentes sans substance concrète. Macron, tel un acteur jouant plusieurs rôles, semble toujours courir après un train de la croissance déjà parti sans lui.

Il ne faut pas se méprendre : la constance de Macron réside dans son conservatisme économique. Déjà en 2016, il préconisait une soumission au néolibéralisme, camouflée sous des promesses de modernisation. Aujourd’hui, ses discours sur la nécessité de “s’adapter” aux nouvelles règles du jeu économique mondial ne sont que des reprises modifiées de cette même philosophie.

Un décor changeant, un acteur immuable

Les “changements” que Macron vante – la surcapacité présumée de la Chine et l’auto-protectionnisme américain via le plan IRA – ne sont en réalité que des redéfinitions des défis économiques constants. La Chine, toujours en surproduction mais désormais compétitrice directe sur des secteurs de haute technologie, continue de défier l’Europe. Macron, en prétendant une révolution industrielle, ne fait que suivre un script international déjà écrit sans apporter de véritable innovation politique ou économique.

La proposition de Macron pour une “réindustrialisation” de l’Europe sonne creux lorsqu’on scrute les faits. Les initiatives de subvention massives semblent plus destinées à soutenir les intérêts privés qu’à reconstruire un secteur industriel compétitif. De plus, l’appel à la “réciprocité” avec la Chine et les États-Unis masque une incapacité à proposer un modèle économique européen autonome et robuste.

Derrière le masque : la continuation de la répression

Au final, le bavardage de Macron dévoile non pas un plan pour le progrès industriel, mais une stratégie pour continuer à comprimer le secteur social et travailler sous le vernis de la modernisation. Les réformes structurelles, de la retraite à l’assurance-chômage, témoignent d’une volonté non pas de réindustrialiser mais de restreindre encore davantage les droits et protections des travailleurs.

En somme, le “nouveau” discours de Macron n’est qu’une réorchestration des vieilles mélodies néolibérales, jouées avec un nouveau décor mais menant à la même finale : un affaiblissement social sous couvert de compétitivité économique. Dans ce spectacle où Macron veut se poser en chef d’orchestre, c’est finalement le peuple français qui pourrait se retrouver sans chaise lorsque la musique s’arrêtera.

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