Qu’est-ce que l’Organisation juive européenne, qui multiplie les plaintes pour ” apologie du terrorisme ” ?

L’association qui fait trembler la gauche, mais pour quoi ?

Depuis les attaques du 7 octobre 2023, l’Organisation juive européenne (OJE) est devenue une véritable machine à plaintes, s’impliquant dans d’innombrables procédures judiciaires contre des personnalités de gauche. L’humoriste Guillaume Meurice, la militante franco-palestinienne Rima Hassan, ou encore la députée insoumise Mathilde Panot : tous ont fait les frais de cette association à but non lucratif, créée en 2014, qui prétend lutter contre l’antisémitisme ” sous toutes ses formes “. Une noble cause certe mais qui cache un but moins honorable.

Un arsenal juridique contre la gauche

L’OJE, composée de 55 avocats bénévoles, s’est lancée dans une bataille juridique à grande échelle. L’association se vante de combattre l’antisémitisme ” au quotidien, dans les commissariats, dans les tribunaux, devant les cours d’assises, devant les instances européennes “, d’après sa présidente, l’avocate Muriel Ouaknine-Melki. On pourrait presque croire à une mission divine si ce n’était pas aussi politisé. En réalité, leur mission va bien au-delà de la lutte contre l’antisémitisme : ils s’attaquent aussi à l’antisionisme, au BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), et proposent des formations d’autodéfense.

Le tribunal correctionnel de Lille a récemment condamné Jean-Paul Delescaut à un an de prison avec sursis pour ” apologie du terrorisme “, après un tract controversé sur Israël. Le responsable CGT a également été condamné à verser 5 000 euros à l’OJE. Rima Hassan, militante pro-palestinienne, a été convoquée par la police pour des déclarations polémiques. ” Bonne nouvelle, les plaintes que nous déposons depuis le 9 octobre sont instruites et donnent souvent lieu à des condamnations “, a triomphé l’OJE sur X (anciennement Twitter). Ils se frottent les mains à chaque nouvelle convocation, comme celle de Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée.

Un agenda caché ?

Outre ces personnalités publiques, l’OJE s’en prend aussi aux anonymes. Ils déposent des plaintes à tour de bras, se constituent partie civile dans d’innombrables dossiers. Selon Elsa Marcel, avocate et militante du collectif d’extrême gauche Révolution permanente, l’OJE exerce une pression politique énorme sur le débat public français. ” Depuis le 7 octobre, la quantité de personnes ciblées est hallucinante, et cela se concentre particulièrement contre la gauche syndicale et politique “, dénonce-t-elle.

L’OJE est-elle vraiment une simple organisation antiraciste ou un relais de la politique israélienne ? Oudy Bloch, premier vice-président de l’OJE, martèle que ” l’antisionisme est un antisémitisme “. Pourtant, d’autres associations antiracistes les regardent d’un œil méfiant. Gilles-William Goldnadel, essayiste franco-israélien, voit en l’OJE une juste réponse à ” ceux qui ont cru devoir justifier l’action du Hamas “.

Si certaines plaintes de l’OJE aboutissent, d’autres sont classées sans suite. Les plaintes contre l’humoriste Guillaume Meurice pour une plaisanterie visant Benyamin Netanyahou ont été rejetées. Finalement, l’OJE, entre ses actions judiciaires et ses déclarations tonitruantes, semble surtout s’acharner à museler toute critique d’Israël sous couvert de lutte contre l’antisémitisme.

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